Politique

Le PAM à l’ère post-Omari

Le congrès du PAM est un accouchement par césarienne. Le prochain patron devra remettre la machine en marche. Mais pour quoi faire ?


Ilyass Omari a depuis le début été le mécano du PAM. Homme de l’ombre, c’est lui qui a recruté les gauchistes en déshérence, les notables même sulfureux et amalgamé l’ensemble. Un jour, il a décidé de quitter l’ombre pour la lumière et a pris la direction du parti. Combiné à son échec, relatif, face à Benkirane, c’est sûrement ce qui a précipité sa chute. Il a été totalement débranché, de manière opaque, obligé de quitter tous ses mandats et de se retirer de la vie publique, alors qu’il pensait avoir des proximités qui le rendaient intouchable. Il apprend à ses dépens que le makhzen n’a pas de proches, mais juste des larbins utilisés puis jetés comme des mouchoirs.

Quelle stratégie ?

Le PAM c’est tout de même plus de 100 parlementaires. Il ne peut pas envisager de se saborder parce que son mécano a été viré. Mais alors apparaissent les contradictions et la fragilité de l’ensemble. C’est sur le clivage contre le PJD que l’édifice tenait. Mais ce discours cachait mal les querelles intestines. Elles ont éclaté entre Benchamach et Akhchichen, secondé par Samir Goudar. Celui-ci est un politicien professionnel, puisqu’il n’a aucun parcours professionnel probant et il en vit très bien. Cela lui permet d’entrevoir une carrière semblable à celle de Omari

Le congrès ne doit pas uniquement trancher la question d’organisation, renouveler la direction, choisir entre 5 candidats venus d’horizons très différents. Il doit situer politiquement le parti, le positionnement barrage aux islamistes ne fonctionne pas et une autre alternative, le RNI pose ses jalons.

Le PAM aura plusieurs écueils à dépasser avant les élections. D’abord sauvegarder une certaine forme d’unité, une multiplication des défections lui serait fatale. Ensuite gommer l’image d’un parti téléguidé par la main invisible… Enfin et surtout, rechercher des alliances claires. Cela fait beaucoup de chantiers. 

Le pire n’étant jamais sûr, le PAM pourrait y arriver. S’il se normalise, trouve un discours libéral-social, s’active positivement, il pourrait être utile à un rééquilibrage de la carte politique. Son rêve de parti dominant n’est qu’une chimère, qu’Ilyass et ses commanditaires ont fait miroiter.

Challengenews
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