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Le PCNS révèle le contenu de son rapport annuel des « Atlantic Currents »

En prélude à la 7eédition de la conférence de haut niveau des « Atlantic Dialogues », la 5eédition du rapport annuel des « Atlantic Currents », a été publiée ce jeudi 13 décembre et présentée par ses auteurs à Marrakech.


Migration, enjeux démographiques, changement climatique, politique étrangère des États-Unis, spectre d’une nouvelle crise financière internationale… tels sont les thèmes explorés lors de cette édition 2018 du rapport annuel des « Atlantic Currents ».

Ce document de 211 pages, publié par le groupe de réflexion marocain « Policy Center for the New South » (PCNS) – nouveau nom de l’« OCP Policy Center » – étudie les principales thématiques à l’échelle globale du point de vue du Sud. En phase avec la conférence « Atlantic Dialogues », il s’attache à fournir une nouvelle perspective sur les défis auxquels doit faire face l’Atlantique, Nord et Sud, en exprimant les opinions du Sud sur la scène internationale.

Vers une union transatlantique

Sous la supervision de Bouchra Rahmouni, collaboratrice émérite du PCNS, différents auteurs venus du Maroc, du Sénégal, du Brésil ou du Congo (RDC) ont écrit 12 chapitres traitant de questions économiques et culturelles.

« La présente édition traite des obstacles auxquels fait face actuellement le monde atlantique, évoquant aussi les défis qui se profilent pour l’avenir, afin d’explorer le potentiel des relations transatlantiques et ce, dans un contexte de dialogue, de respect et de meilleure compréhension de l’autre », a déclaré Bouchra Rahmouni.

Un avant-propos exprimé par Hafsat Abiola, fille de feu le président élu Moshood Abiola, une voix forte de la société civile nigériane, est suivi par une allocution d’Antonia Paulo Paranagua, historien et ancien journaliste pour le quotidien Le Monde, qui se penche sur « L’Atlantique, une arène triangulaire de l’interaction culturelle ». Mohamed Benaïssa, ancien ministre marocain des Affaires étrangères, traite lui aussi du « Parcours culturel de l’ »Atlantic Dialogue » ».

Une large palette d’auteurs

« L’actuelle administration des États-Unis consacre beaucoup d’efforts à saper la confiance, et de ses alliés, et de ses rivaux. Une fois qu’elle est gravement compromise, rien n’est plus difficile que de rétablir la confiance, même si le prochain président devait s’avérer un fervent partisan de l’internationalisme. »

Ces mots de Younes Abouyoub, directeur de la division des Nations-unies sur la Gouvernance et le Renforcement de l’État, figurent dans un chapitre qui cherche des réponses à cette épineuse question : « Un héritage hasardeux : du multilatéralisme à la Trump à l’effondrement du mythe américain ? ».

Pour sa part, Soukeyna Ndiaye Ba, ancienne ministre sénégalaise de la Coopération décentralisée et de la Planification régionale, se penche sur « Les risques et conséquences de la migration pour les pays atlantiques ».

Renouveler les perspectives sur l’économie, la sécurité et la géopolitique

Apropos de « L’Afrique : lien entre démographie et migration », Abdelhak Bassou, collaborateur émérite du PCNS, propose des réflexions rafraîchissantes, basées sur des faits plutôt que sur des perceptions : « Les pays d’Afrique du Nord, où la croissance de la population se ralentit, sont aussi des pays qui connaissent un développement manifeste. Ces pays seront disposés à accueillir à l’avenir des migrants africains pour compenser leur déficit démographique. »

Collaborateur émérite du Policy Center for the New South, Rachid El Houdaigui a traité en profondeur le thème si important de « L’”Atlantic alliance” : entre un regain d’européanisme et un atlantisme fébrile ».

L’agriculture et la sécurité alimentaire, de même que « L’équilibre à retrouver dans la discussion Nord-Sud sur le changement climatique », chapitre original rédigé par Rim Berahab,économiste du PCNS, et par Mbuih Zukane, du Cameroun, ancien cadre émergent de l’« Atlantic dialogue », et chercheur auprès de l’institut d’Études sur le développement de l’université d’Anvers(Belgique). 

Autre ancien élève des cadres émergents de l’« Atlantic dialogues », Eric Ntumba, jeune banquier venant de la République démocratique du Congo, a co-écrit avec l’universitaire brésilien Otavanio Canuto, collaborateur émérite du PCNS, un essai sur les perspectives d’une nouvelle crise financière internationale. Selon eux, « Les niveaux d’endettement à l’échelle globale, associés aux trajectoires économiques divergentes prises par les États-Unis et d’autres économies parvenues à maturité, par contraste avec celles de marchés émergents et de marchés frontières, vont planter le décor de la prochaine crise. »

Dernier point, mais non le moindre : Mostafa Rezrari, collaborateur émérite du PCNS, revisite le « concept du Sud » au dernier chapitre du rapport. Il nous rappelle que « La première apparition du terme de “Sud global” remonte à 1969. » Carl Oglesby, éditeur auprès du journal catholique libéral « Commonweal Magazine », affirme que « Des centaines d’années de domination des États-Unis sur le Sud global ont convergé pour produire un ordre social intolérable. »

 

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