Tribune

Le rapport du groupe d’experts intergouvernemental sur l’evolution du climat et situation au maroc

Selon le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), qui fait autorité en la matière, il n’y a plus de doute sur la responsabilité humaine vis-à-vis du réchauffement de la planète. Si par le passé, certains détracteurs attribuaient ces changements principalement à l’activité du soleil, le dernier rapport du Groupe énonce clairement  que « les activités humaines, notamment l’usage des énergies fossiles, a conduit à une hausse exceptionnelle de la concentration des gaz à effet de serre transformant le climat à un rythme jamais vu par le passé » Plus précisément, le lien entre réchauffement et activité humaine a été estimé à +95%.


Ainsi, se sont les activités humaines et non naturelles  qui sont dans le collimateur des experts de l’environnement.Preuve à l’appui, le réchauffement étant la résultante de l’effet de serre, sur la période 1970-2010 étudiée par des spécialistes, 78% de la hausse des émissions totales de gaz à effet de serre a été attribuée à l’usage de combustibles fossiles à savoir le charbon, le pétrole etle gaz d’une part et aux procédés industriels d’autre part.
Par ailleurs, les raisons majeures derrière cette hausse peuvent être expliquées par la croissance économique et la croissance démographique. Ces deux phénomènes ont largement contribué à l’augmentation de la combustion d’énergies fossiles.
 
Objectif des « 2°C »

Au cours du siècle écoulé, la planète s’est réchauffée en moyenne de 0,8°C, au Maroc la température annuelle moyenne a augmenté d’environ 0,16°C par décennie. Dans le même temps, selon les études présentées par le rapport du GIEC, des événements météorologiques intenses se sont multipliés et le niveau moyen des océans s’est élevé considérablement de 17 cm.
Ce n’est qu’en juillet 2009 à l’Aquila (Italie) que les chercheurs ont fini par être écoutés. Un pas géant et inattendu a été franchi. Les plus gros émetteurs dont les pays du G8, la Chine et l’Inde, réunis au sein du Forum des Economies Majeures, ont accepté d’essayer de stabiliser la hausse de température à 2°C maximum.
Le Maroc s’est également inscrit dans cette démarche,d’une part, à travers la signature et la ratification des principales conventions internationales en matière d’environnement dont la Convention Internationale sur les Changements Climatiques.Notre pays a d’autre part érigé la question de l’environnement parmi les préoccupations centrales du développement socio-économique.En effet, depuis 1995 le souci d’avoir un cadre global et intégré est apparu et a été concrétisé par la Stratégie Nationale pour la Protection de l’Environnement et le Développement Durable, en 2002, le Maroc a publié le Plan d’Action National pour l’Environnement (PANE). L’année 2010 a connu la tenue du débat national sur l’élaboration d’une charte nationale de l’Environnement qui a abouti à la promulgation le 6 mars 2014 de la loi cadre n°99-12 portant charte nationale de l’environnement et du développement durable.
 
Des stratégies d’atténuation

Toujours, selon les experts du GIEC, il s’agit d’atténuer et non d’éliminerle phénomène engendré par l’effet de serre. Le terme est bien choisi puisque l’atténuation qui veut dire rendre moins fort et moins grave sous-entend d’abord une volonté d’agir, et ensuite un effort  soutenu sur une très longue période.
Les projections du groupe en matière d’atténuation ont pour perspective l’année 2100.Quant aux stratégies à mettre en œuvre,de nombreuses options sont offertes mais l’adoption d’une seule ne serait suffisante. D’une manière générale, ces stratégies doivent cibler :
1)      La production de l’énergie : dans ce domaine, le secteur dont l’impact est très fort sur la qualité de l’air est celui des combustibles fossiles. Les industries pétrolière et gazière en amont, du gaz naturel et de la production d’électricité à partir du charbon et du pétrole, transforment l’énergie contenue dans les combustibles fossiles en électricité, essence, diesel et mazout pour alimenter les véhicules, les foyers et les lieux de travail.
L’énergie renouvelable provient par contre de ressources énergétiques qui se régénèrent naturellement (soleil, vent, eau, biomasse et chaleur qui se dégage de la Terre). L’énergie renouvelable produit-elle peu d’émissions de gaz à effet de serre, sinon pas du tout. Etant donné que la plus grande partie de l’énergie mondiale provient des combustibles fossiles, il faudra réaliser des changements de grande échelle dans le secteur de l’approvisionnement en énergie ;
2)      La consommation de l’énergie : il s’agit de la réduction à court terme de la demande en énergie,stratégie considérée comme la plus rentable puisqu’elle offre une marge de manœuvre ayant un impact direct de réduction des émissions.Les améliorations de l’efficacité énergétique et les changements de comportement sont les clés d’une stratégie d’atténuation visant à réduire la consommation d’énergie
 
L’homme au cœur de l’environnement
 
Mis l’un à côté de l’autre, nos gestes quotidiens petits soient-ils, peuvent avoir des répercussions impressionnantes sur l’environnement. En prenant les bonnes décisions chez soi, au travail, au souk et au super marché, nous pouvons contribuer à alléger significativement la charge qui pèse sur notre environnement. Il s’agit donc de notre comportement. Car, les politiques peuvent créer les conditions favorables, le cadre global mais ne peuvent pas s’immiscer dans nos choix de vie. Se sont les changements de comportement, notamment nos habitudes de consommation etnos régimes alimentaires, qui sont décisifs pour nous et pour les générations futures.
 

Abderahmane SALHI, chercheur en environnement

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