International

Le Royaume-Uni enclenche le Brexit

Le Royaume-Uni s’est embarqué mercredi 29 mars 2017 pour un voyage historique et « sans retour » hors de l’Union Européenne (UE), ouvrant deux ans de négociations qui ont déjà donné lieu aux premiers désaccords ouverts.


Neuf mois après un référendum sur le Brexit qui continue à diviser le pays, l’ambassadeur britannique auprès de l’UE Tim Barrow a remis au président du Conseil Européen Donald Tusk la lettre déclenchant formellement la procédure de sortie. « Vous nous manquez déjà », a lancé Donald Tusk, visiblement éprouvé en brandissant la lettre devant la presse. « Il n’y a aucune raison de faire comme si c’était une journée heureuse, ni à Bruxelles ni à Londres », a-t-il ajouté en voyant ainsi ébranlé le projet européen, né sur les cendres de la Seconde Guerre mondiale.

Au même moment à Londres, la première ministre Theresa May annonçait au Parlement de Westminster qu’il n’y aurait « pas de retour en arrière ». Elle a appelé le peuple britannique, écossais en tête, à se « rassembler » pour obtenir « le meilleur accord possible » pour le Royaume-Uni, premier pays à rompre les amarres avec l’UE, après 44 ans de mariage contrarié. Pendant ce temps, Nigel Farage, ancien leader du parti europhobe Ukip et grand architecte du Brexit, déclarait: « On est les premiers à sortir. C’est historique. L’Union Européenne ne s’en remettra pas ».

La chancelière allemande Angela Merkel a tout de suite donné le ton en rejetant la demande de Theresa May de mener de front les négociations de sortie et celles pour définir les futures relations, notamment commerciales, rappelant ainsi la position de Bruxelles. « Il va falloir d’abord clarifier comment délier les étroites imbrications » entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni, a dit la chancelière à Berlin, « et seulement une fois cette question clarifiée nous pourrons ensuite, (…) si possible assez vite, parler de notre relation futur ». « Ce sera douloureux pour les Britanniques », a relevé pour sa part le président français François Hollande, estimant que l’Europe sera « sans doute » amenée à avancer désormais à « des vitesses différentes ». L’Union Européenne « agira de manière unie et préservera ses intérêts » dans les négociations, a assuré de son côté le Conseil Européen qui soumettra ses « orientations » aux dirigeants des 27 pays européens lors d’un sommet le 29 avril 2017 à Bruxelles.

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