Banques

Le secteur bancaire demeure résilient en dépit de la conjoncture

Bank Al-Maghrib vient de rendre public le bilan de ses activités en matière de supervision bancaire au titre de l’exercice 2021. Dans cette 18ème édition de ce rapport annuel, la Banque centrale note un rebond de l’économie marocaine et une résilience du secteur bancaire.

La Banque centrale fait remarquer que le secteur bancaire s’est montré résilient et a assuré le financement des agents économiques grâce aux mesures d’appui public sous forme de prêts garantis par l’Etat, ajoutant que la croissance du crédit bancaire au secteur non financier s’est établie à 3%, tirée par le financement des besoins de trésorerie des entreprises. « Au terme de cette année, la progression des créances en souffrance s’est quelque peu atténuée, ramenant le taux de sinistralité à 8,5%. Parallèlement, le ratio de solvabilité moyen des banques s’est établi à 15,8% pour un minimum réglementaire de 12% et leur résultat net cumulé s’est redressé de 76,4% », indique BAM. En ce qui concerne les banques participatives, la Banque centrale précise qu’elles ont également fait preuve de résilience en ce qui concerne leur activité, leurs résultats et la qualité de leurs actifs. « Le secteur bancaire a bénéficié de l’amélioration des conditions économiques en 2021 après la récession en 2020. Le secteur a également continué à jouer son rôle en tant que principale source de financement de l’économie nationale », a précisé Hiba Zahoui, Directrice de la supervision bancaire à BAM.

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« Cet écosystème devrait connaître une nouvelle impulsion grâce au lancement des produits d’assurance Takaful », assure la même source. Dans le détail, on note que le niveau concentration de l’activité bancaire a continué, en 2021, son trend baissier enregistré ces dernières années. Ainsi, la part des trois premières banques dans le total-actif du secteur s’est établie à 62,4%, contre 62,9% et celle des cinq plus grandes banques s’est située à 76,8% contre 77,6% en 2020. Sur le plan des dépôts, les trois premières banques ont disposé près de 63,4% des dépôts collectés contre 63,7% une année plus tôt et les cinq premières détenaient une part de 78,5% contre 78,6%. S’agissant du crédit, les trois premières banques ont concentré 60,7% des crédits distribués, contre 61,5% en 2020 et les cinq plus grandes ont représenté 78,4% des financements contre 79,3%. Le rapport mentionne aussi, qu’en fonction du statut de l’actionnariat, les banques à capital privé majoritairement marocain détenaient 53,7% des guichets, contre 54% en 2020, et que cette part est de 63,5% en termes de total-actif, 64,1% pour les dépôts et 61,6% pour les crédits, contre respectivement 64%, 64,4% et 62,3% une année auparavant. De leur côté, les banques à capital privé majoritairement étranger ont vu leur part de marché augmenter à 16,6% en termes de réseau (+0,2 point). En revanche, leur part de marché en termes de total actif, de dépôts et de crédits a reculé respectivement à 15% (-0,6 point), 15,8% (-0,6 point) et à 18,8% (-0,6 point). « Les indicateurs du secteur bancaire, sur les plans de la liquidité, de la rentabilité et de la solvabilité, ont démontré la solidité et la résilience de l’écosystème bancaire malgré un contexte marqué par un niveau de risque élevé », a assuré Hiba Zahoui

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Pour ce qui est de la concentration de l’activité des sociétés de financement, à fin 2021, la part détenue par les trois plus grandes sociétés de crédit à la consommation dans le total-actif du secteur s’est établie à 62%, en hausse de 2 points d’une année à l’autre et celle des cinq premières s’est accrue d’un point à 88%, apprend-on également. BAM ajoute, par ailleurs, que concernant le secteur du crédit-bail, les parts des trois et cinq premières sociétés se sont situées respectivement à 72% et à 95% à fin 2021, en retrait d’un point par rapport à 2020. Parallèlement, la concentration de l’activité des établissements de paiement fait état d’une baisse d’un point à 88,4% de la contribution des 3 premiers établissements de paiement dans le total des transferts de fonds, opérés par les sociétés offrant le service de transfert de fonds, et d’un recul de 1,2 point à 96,4% pour les 5 premiers établissements. Trois établissements de paiement représentent une part de 67% des comptes de paiement ouverts et effectuent plus de 75% du volume des transactions sur les comptes de paiement, contre respectivement 85% des comptes et 93% du volume de transactions pour les 5 premiers établissements, indique le rapport.

 
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