Entreprises & Marchés

Le secteur sur une bonne dynamique


Pêche maritime.  Les investissements, consentis ces dernières années pour la mise à niveau du secteur, sont en train de porter leurs fruits. Les exportations en 2014 ont enregistré une hausse de 7% à 15,5 milliards de DH, et l’objectif principal est de les porter à 30 milliards de DH à l’horizon 2020. par Roland Amoussou

La troisième édition du Salon Halieutis à Agadir, du 18 au 20 février, a été l’occasion pour le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, Aziz Akhannouch, de faire le point sur les différentes avancées enregistrées dans le secteur de la pêche maritime, depuis le lancement de la stratégie Halieutis. Ainsi, en 2014 la production halieutique a atteint 1,3 million de tonnes, tous segments de pêche confondus. Cela représente environ 82% des objectifs à l’horizon 2020. La première vente des captures de la pêche artisanale et côtière s’est établie à 6 milliards de DH l’année écoulée, en progression de 10% par rapport à 2013. La deuxième vente dans les marchés de gros de poisson a enregistré une hausse de 10% comparativement à l’année précédente pour s’établir à 0,7 millard de DH. Cela, grâce à l’opérationnalisation de quatre nouveaux marchés de gros(Marrakech, Meknès, Béni Mellal et Taza) durant 2013, a précisé Aziz Akhannouch. Sur les exportations, le secteur a tenu une bonne performance. En effet, la valeur des exportations s’est établie à 15,5 milliards de DH en 2014, soit une progression de 7%. Le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime précise que ce montant correspond à environ 57% du niveau attendu en 2020. Pour atteindre ces résultats, plusieurs efforts ont été déployés dans le cadre de la stratégie Halieutis. D’abord, il a fallu renforcer les connaissances scientifiques pour pouvoir opérer une gestion durable de la ressource halieutique. « Nous avons fait de cela une priorité, et nous avons travaillé pour le renforcement de la connaissance scientifique, afin de pouvoir gérer la base sur laquelle nous faisons les plans d’aménagement de stocks», a souligné Aziz Akhannouch.

L’investissement privé à la traîne

Pour être à la hauteur des enjeux, l’INRH(Institut national de la recherche halieutique) a procédé, dans le cadre d’un «contrat-programme» avec le ministère et les autres acteurs du secteur, au renforcement des moyens d’intervention. L’institut a allongé le nombre de jours en mer, passant de 220 jours en 2009 à 421 jours en 2014. La flotte d’intervention dans la zone littorale a aussi quasiment doublé passant à 16 unités, alors qu’elle était de 9 unités en 2009. De même, l’INRH est en train de finaliser un projet d’acquisition d’un nouveau navire de recherches mieux équipé pour assurer un suivi exhaustif des ressources et de leurs ecosystèmes. Il faut aussi souligner, que l’institut a bénéficié d’un accroissement de 60% de sa subvention, passant de 56 millions de DH en 2009 à 90 millions de DH en 2014, pour mieux remplir ses missions. Aussi, l’introduction de la stratégie Halieutis a-t-elle permis la mise en place d’un plan de traçabilité visant le contrôle de la pêche, afin de lutter contre la pêche INN(Illicite, Non déclarée et Non réglementée). Dans ce sens, 2194 navires de pêche ont été équipés de balises de géo-localisation(VMS). Les nouveaux plans d’aménagement et le plan de traçabilité ont mobilisé un investissement de 80 millions de DH selon le ministère. Concernant la mise à niveau du secteur, 148 navires et 490 barques ont bénéficié du programme IBHAR, qui a mobilisé une subvention de 115 millions de DH. 2,1 milliards de DH sont investis pour mettre en place 43 villages de pêcheurs et de points de débarquements. L’Office national des pêches(ONP), qui joue le rôle de global operator depuis 2009, a entrepris un programme de création de 13 halles nouvelle génération pour un investissement de près de 500 millions de DH. Il y a aussi la construction d’un réseau de 10 marchés de gros de poisson( mobilisant un investissement de 600 millions de DH) dont 7 ont déjà été livrés. Mais, dans tout ce schéma, on remarque que le secteur privé ne démontre pas vraiment son engouement. Sur la période 2009-2010, les investissements du privé dans l’industrie de valorisation des ressources halieutiques sont estimés à 1,7 milliard de DH.

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