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Le système éducatif à l’ère du numérique

Le rôle d’un professeur a toujours été essentiel dans l’apprentissage d’une matière. Lorsque ce dernier avait une bonne technique pédagogique pour nous enseigner son savoir, nous lui en étions reconnaissants. Nous avons d’ailleurs tous en mémoire un professeur qui nous a fait aimer une matière alors que celle-ci, à priori, ne nous intéressait pas.  En revanche, lorsqu’un autre professeur dispensait son cours de manière inadéquate, notre capacité à assimiler les connaissances de son cours s’en trouvait grandement diminuée. Le souvenir d’un « professeur-tyran » par exemple, traumatise encore aujourd’hui, j’en suis sûr, plusieurs d’entre nous. La relation professeur-élève joue donc un rôle clé dans le processus complexe d’acquisition des connaissances. Pour que celle-ci soit fructueuse, il faut un professeur qui actualise constamment ses connaissances, une bonne pédagogie pour transmettre son savoir et des élèves qui lui sont réceptifs.


Comment faire pour atteindre ces objectifs louables? Quels sont les outils numériques qui pourraient faciliter et optimiser ce transfert du savoir ? Les gouvernements du monde entier ainsi que différents instituts de recherche tentent de répondre à ces questions non sans un certain succès. L’une des approches les plus prometteuses nous provient des Etats-Unis : l’« Educational Technology ou Edtech » est en train de s’installer dans la plupart des pays désireux de réformer de manière efficace leur système éducatif. Cette méthode vise à démocratiser les technologies numériques au sein des établissements scolaires en les équipant en réseaux internet performants (fibre optique), en ordinateurs et tablettes numériques et en systèmes d’organisation et de suivi gérés par des logiciels et des applications adaptés. Elle vise aussi à sensibiliser les professeurs et les élèves aux aspects positifs de ces outils numériques dans le processus d’apprentissage à travers des programmes de formation en continu.

Ce vaste programme de réforme commence à porter ses fruits et plusieurs techniques éducatives émergent et sont utilisées de plus en plus pour optimiser l’apprentissage des élèves. En voici les principales :

L’apprentissage par la vidéo en streaming
Les cours magistraux dispensés en classe sont enregistrés et disponibles en streaming sur des plateformes internes (réseau intranet de l’établissement) ou externes (youtube propose désormais un espace particulier pour les communautés éducatives : www.youtube.com/schools). L’élève peut ainsi voir et revoir à volonté les cours qu’il n’aurait pas suffisamment assimilés en classe pour des raisons de manque de concentration ou de fatigue par exemple. Certaines institutions à but non lucratif viennent compléter les cours donnés en classe avec du contenu exclusif et gratuit comme la Khan Academy. D’autres, privées, proposent du contenu payant mais très innovant. Le site b-learner par exemple, offre un service de vidéos interactives utilisant un exerciseur dynamique qui réagit avec la vidéo. Il permet aussi aux enseignants et aux apprenants de créer leur propre parcours pédagogique en vidéo.

L’apprentissage en mobilité
Avec un Smartphone ou une tablette, l’élève peut poursuivre son apprentissage commencé en classe à la maison voire même dans les transports, selon un rythme qui lui est propre.) A l’heure ou l’Inde se lance dans la commercialisation à grande échelle de tablettes à 35 dollars, il est facile de prédire que celles-ci remplaceront à terme les cartables avec leurs gros manuels scolaires et leurs cahiers de notes, les stylos et les calculatrices scientifiques. A la maison, la bibliothèque des classiques de la littérature sera entièrement contenue dans une seule et bien pratique liseuse électronique. De plus, l’environnement open source du système Android présent dans la plupart des Smartphones permet la création d’applications « fun » qui stimulent et encouragent les élèves à apprendre autrement. Tous ces outils contribueront à rendre les élèves plus connectés avec leurs classes et leurs professeurs.

L’apprentissage en ligne ouvert et massif

Aujourd’hui, il existe une demande croissante des élèves pour certains cours dispensés uniquement par quelques professeurs brillants. Ceux-ci sont en nombre limité pour accueillir tous les élèves désireux de s’inscrire à leurs cours. Certaines universités comme celle de Stanford proposent donc certains de leurs cours en ligne. Cela a permis à plus de 100 000 étudiants de bénéficier en même temps d’un cours sur l’intelligence artificielle par exemple. L’apprentissage en ligne permet aussi à des étudiants de partout dans le monde de suivre des cours qu’il ne leur est impossible de suivre autrement.

L’apprentissage ludique et interactif
De plus en plus de professeurs créent des forums pour leurs cours et répondent aux questions de leurs étudiants à travers des « chats online » ou à travers un système de questions/réponses. Les FAQ (Frequently Asked Questions) permettent aux élèves de trouver des réponses à leurs questions déjà posées par d’autres. Ils utilisent les réseaux sociaux pour rester en contact avec leurs élèves ou pour s’assurer de bien transmettre certains messages importants.

Dans un souci de séduire leurs élèves et de les amener à s’intéresser plus à leurs cours, les professeurs utilisent des jeux sérieux de qualité pour l’apprentissage des langues, des sciences et des mathématiques notamment. Ils peuvent également présenter du contenu en 3D ou en hologramme (comme le font les japonais) pour rendre plus ludique l’apprentissage. Les élèves ne peuvent qu’être réceptifs à cette nouvelle façon d’apprendre car elle correspond mieux à leur environnement qui devient plus virtuel et connecté.

Avec toutes ces techniques, le métier noble de professeur tend donc à se transformer. Son rôle sera davantage d’accompagner ses élèves vers une utilisation efficace des outils numériques plutôt que de leur transmettre un savoir qu’ils peuvent retrouver ailleurs sur Wikipédia ou Google. Nous allons vers plus de pédagogie et moins de transmission de connaissance, plus de méthodes de séduction des élèves (pour susciter en eux de l’intérêt ou de la curiosité) et moins d’enseignement vertical unilatéral et autoritaire, l’information n’étant plus aussi restreinte d’accès, mais disponible, dématérialisée et quasi-instantanée. Il s’agira pour le professeur de trouver des techniques d’éveil à la compréhension de ses étudiants, plutôt que de leur  « imposer »  l’apprentissage d’un savoir dicté de manière subjective par les différents programmes d’éducation nationaux. Il lui faudra apprendre à ses élèves à penser pour avoir un esprit critique, pour pouvoir trier des informations, pour estimer rapidement la valeur d’une source, pour articuler et coordonner les connaissances entre elles.

Bien sûr l’éducation reste avant tout une affaire d’échanges interpersonnels. La qualité des relations humaines entre les professeurs et les élèves reste le moteur central de l’apprentissage. Devant l’immense chantier qui attend l’éducation pour s’adapter au 21ème siècle, le corps enseignant devra apprivoiser les nombreux outils numériques dont il dispose. Dans l’objectif de s’engager dans l’avenir, nous aurons besoin de modèles éducatifs appropriés pour fonder un monde en mutation rapide. Déjà source d’information de tous les instants, l’outil numérique est riche de potentiels, notamment pédagogiques. Il est donc essentiel de permettre aux enseignants et à leurs élèves de se l’approprier pour bénéficier pleinement de tous ses atouts. Pour y parvenir, les modes de pensée devront évoluer. Comme le disait Einstein : « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendrée ». Une nouvelle façon de penser pour concevoir et créer le monde de demain viendra d’une nouvelle façon de regarder la manière dont nous apprenons.

Sources :

www.wikipédia.org
http://civilisation2.org
http://www.actualitice.fr
http://www.agoravox.fr
http://www.rslnmag.fr

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