Blog de Jamal Berraoui

L’égalité par le service public

Chaque soir, ils sont des dizaines de milliers à prendre le tramway pour aller, soit en centre-ville, soit sur la Corniche Aïn Diab. Pour 13 dh, les jeunes de Sidi Moumen peuvent passer une journée sur la plage. Croyez-moi, cela vous change, quand vous êtes condamnés à passer vos vacances entouré de béton.


Gauche et Islamistes maintiennent un discours mensonger sur l’égalité, la juste répartition des richesses ou encore la solidarité. Ils déçoivent à chaque fois, parce qu’ils promettent l’impossible et laissent à penser qu’une fois au pouvoir, ils vont distribuer du pouvoir d’achat, des billets de banque.

Depuis des décennies, l’on sait que la solidarité passe par une fiscalité équitable, permettant de financer des services publics, accessibles à tous et de bon niveau : chaque fois qu’un  couple marocain dépasse le revenu minimum, il se crée un poste de dépense qui est la scolarité de ses enfants.

Les transports sont essentiels pour les citadins. Ils sont en très mauvais état. Une ouvrière casablancaise y passe en moyenne trois heures dans de très mauvaises conditions. L’école est une faillite absolue et ne joue plus son rôle d’ascenseur social, de pourvoyeur d’égalité de chances. Il vaut mieux être riche quand on est malade, parce que la santé publique est à la ramasse.

Au lieu de promettre le SMIG à 3000 dh, l’égalité par les salaires, les politiques devraient s’attacher au possible, à la qualité des services publics. C’est possible parce qu’ils maîtrisent la dépense et donc l’établissement des priorités. L’égalité, messieurs, c’est d’abord l’investissement public.

Or les politiques ont tout faux, chiffres à l’appui. Durant ces 20 dernières années l’Etat a dépensé dix fois plus pour un Rbati que pour un habitant des montagnes avoisinant Azilal. Et après l’on s’étonne que cette province soit la plus pauvre.

Ils ont estimé qu’il fallait une troisième voie sur l’autoroute Casa-Rabat. Au même moment dans nos villages montagneux, chaque hiver, des dizaines de femmes meurent parce qu’elles ont besoin d’accoucher par césarienne et que la route, quand elle existe, est bloquée.

La fédération de football, nous coûte 100 kilomètres de route par an pour se faire sortir par le Cap Vert, un pays aussi peuplé que Derb Soltane, la chanteuse aux pieds nus en plus.

Recentrer les faibles moyens existants sur les services publics et les équipements de base est la seule politique « populaire » possible. Depuis l’indépendance, les gouvernements successifs n’ont fait que creuser les inégalités.

 
Article précédent

Le nouveau rapport des jeunes à la religion

Article suivant

Modeste progression des crédits et dépôts bancaires