Blog de Jamal Berraoui

Les arabes et l’esclavage (Par Jamal Berraoui)

Au Liban, selon un recensement officiel, il y a 230.000 employées de maison venues des pays pauvres d’Afrique ou d’Asie. Le système est légalisé, les bureaux, les agences de recrutement ont pignon sur rue et font même de la publicité. Les filles s’engagent par un contrat qui ne spécifie ni le lieu, ni la nature du travail, seulement le salaire entre 150 et 200 dollars en moyenne, ce qui est très attractif dans certains pays. Elles n’ont droit à aucun congé. L’employeur devient leur garant, garde leurs papiers et peut les faire expulser quand il veut.


Selon les ONG, l’extrême majorité de ces employées vivent dans ce qui ressemble à de l’esclavage. Elles n’ont pas le droit de quitter le domicile, soi-disant pour éviter les fuites. Elles sont battues, se voient prélever sur leur maigre salaire le prix de la vaisselle cassée ou du linge détérioré. Une danseuse a brûlé au troisième degré une éthiopienne de 18 ans parce qu’elle n’était pas réveillée à son retour du cabaret. En 2012, les autorités libanaises ont recensé 20 suicides, parfois douteux, de ces forçats des temps modernes. L’Ethiopie interdit désormais ce commerce. Le directeur de la police libanaise dénonce « un trafic d’êtres humains à grande échelle » et réclame une nouvelle législation. Le Liban étant un pays ouvert, des ONG dénoncent le scandale. Ce n’est pas le cas des monarchies du golfe où sévit la même horreur.

C’est encore possible au 21e siècle parce que les arabes n’ont pas soldé leur passé de négriers. Ils ont pratiqué l’esclavage, jusqu’en 1970 pour la Mauritanie par exemple, ils ont joué un rôle important dans la traite en faveur des blancs. Mais jamais, il n’y a eu la moindre contrition, la moindre expression d’un regard critique sur cette période. A part quelques ouvrages passés sous silence, il n’y a même pas de véritable travail académique sur cette période.

Le résultat c’est que les Libanais, pourtant dotés d’un savoir-vivre ancestral, n’ont pas de problèmes de culpabilité quand leur voisin asservit un être humain, le maltraite contre de malheureux dollars. A peine l’équivalent d’un billet pour un concert.

Heureusement, des ONG réagissent et mènent une bataille politique pour changer la législation qui légalise l’esclavage. Au Maroc c’est « tendance » d’aller chercher sa bonne en Afrique. Attention au dérapage.

 
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