Sidérurgie

Les banques renoncent à 1,2 milliard de dirhams pour sauver Maghreb Steel !

Après les mesures de sauvegarde mises en place par l’Etat au détriment de dizaines de tubistes et autres transformateurs marocains d’acier, les banques passent également à la caisse pour sauver le soldat Maghreb Steel. Serait-ce suffisant alors que les ventes ne décollent pas et que la technologie de production semble déjà dépassée ?


Cinq ans après un premier accord de restructuration de sa dette globale qui s’élevait à l’époque à quelques six milliards de dirhams (incluant l’encours de billets de trésorerie), Maghreb Steel arrache un nouvel accord historique avec ses banquiers créanciers. Et cette fois-ci, l’accord restera dans les annales de l’histoire économique du Maroc en termes d’efforts consentis par le secteur bancaire. En effet, Challenge a appris en avant-première que le consortium bancaire vient d’acter l’abandon pur et simple de 1,2 milliard de dirhams, soit près du quart de l’encours de la dette financière globale qui pèse sur le passif du premier sidérurgiste marocain. Un effort colossal qui peut dépiter plus d’un patron de PME (pour qui l’octroi d’un crédit d’investissement de quelques millions de dirhams est souvent synonyme du parcours du combattant) mais qui était indispensable pour tenter de sauver le groupe fondé en 1975 par la famille Sekkat d’une lente et inexorable agonie depuis 2014.

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Il faut dire que malgré le premier plan de rééchelonnement de la dette signé en décembre 2015 entre les actionnaires de cet ex-fleuron industriel et ses créanciers, l’insuffisance des ventes et des marges dégagées au cours des cinq dernières années n’ont pas réellement permis d’assainir, depuis, une situation financière déjà des plus compliquée avec une dette nette de plus de 6 milliards de dirhams. Bien au contraire, les déficits cumulés se sont aggravés à près d’un milliard de dirhams à fin juin 2020 (contre « à peine » -48 millions de dirhams 5 ans auparavant) alors que la montagne de la dette s’est même élevée de quelques crans pour s’établir à plus de 6,4 milliards de dirhams (dont 4,8 milliards de dirhams en dettes financières à moyen et long terme).

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Pour l’instant rien ne filtre quant à la concession opérée par le sidérurgiste en contrepartie de la rémission significative de sa dette par ses banquiers mais ces derniers avaient déjà obtenu, à l’issue du premier accord en 2015, une participation active aux organes de gouvernance dont notamment une présence au Comité Stratégique qui se tient, depuis, sur une base trimestrielle, pour prendre connaissance des tableaux de gestion et contrôler les grandes lignes de la mise en œuvre de la feuille de route de sortie de crise. Une crise dont l’ex-Maghreb Tubes (changée en Maghreb Steel S.A. en 2000) ne voit pas encore de sortie malgré tous les efforts consentis par l’ensemble des parties prenantes et toutes les mesures entreprises dont celle très controversée de défense commerciale instaurée par l’Etat marocain pour limiter les importations d’acier plat laminé à chaud (ce qui a fait dresser vent debout les fabricants et transformateurs locaux qui utilisent cet intrant). A suivre

 
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