E-commerce

Les commentaires de Moulay Hafid Elalamy continuent de diviser la toile

Les réactions suscitées, notamment sur la toile, par les récents commentaires de Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du commerce et de l’économie numérique, sur le e-commerce et son impact sur le commerce de proximité montrent bien que les Marocains sont divisés sur la question. Le ministre a en effet estimé dans un discours prononcé le 9 juin dernier en marge de la Cyfy Africa 2019 à Tanger, que le développement de l’e-commerce, surtout à partir de l’étranger, risque de peser lourd sur le commerce de proximité.


« Jusqu’à présent, les relations commerciales bilatérales ou multilatérales sont souvent organisées de manière asymétrique ; quand un pays moins puissant économiquement traite avec un pays plus puissant, des accords se font de manière asymétrique, permettant aux pays les moins puissants de continuer à exister dans ce commerce mondial. L’arrivée du e-commerce et son évolution sont en train de laminer gentiment cette partie asymétrique », a fait remarquer MHE.

Il va plus loin en évoquant l’exemple du Maroc, qui a ouvert il y a très peu de temps la possibilité d’acheter sur Internet pour un petit montant, en vue mesurer l’évolution du e-commerce sur le plan national. « La Poste, qui relève de notre ministère, a créé une petite filiale il y a quelques années. On constate que les jeunes n’achètent plus de clé USB au marché. Ils les achètent à l’international, par exemple en Chine et les reçoivent dans des petites enveloppes à la maison. J’essaye juste de me dire ; si on ouvrait totalement, qu’adviendrait-il de ce commerçant de proximité, de la production de ce pays ? », a-t-il poursuivi.

Il n’en fallait pas plus pour déclencher une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux. Pour Mahmoud Dasser, MRE résidant en Asie, il est évident que si le Maroc suit le modèle de développement du e-commerce européen ou américain, il va sans dire que ce secteur peut représenter un danger. « Le modèle que j’invite nos décideurs á étudier est le modèle asiatique. Par exemple, le e-commerce est bien florissant en Indonésie ou des sociétés comme tokepedia , GoJak , Zalora et d’autres ont su adapter le modèle économique et la chaine de valeur à la réalité et à la culture locale », souligne-t-il.

Pour sa part, l’internaute Chakid Achour abonde aussi dans ce sens, en invitant les décideurs à s’inspirer de Singapour. « MHE parle de clé USB achetées en Chine, mais pourquoi donc ne sommes-nous pas capables de les produire nous-mêmes? », s’interroge un autre. « C’est désolant d’entendre cela d’un ministre dont l’une des missions principale est de promouvoir le digital ! Le digital est devenu une règle universelle. On ne peut pas nier cela. On ne peut pas rester à l’écart. Notre pays n’a pas créer le digital mais il a crée la misère dont parle Mr Le Ministre. Pour résoudre le problème de la misère, on doit respecter le principe universel de la Causalité et non les facteurs supposés de l’aggravation de cette misère en accusant la digitalisation », soutient un autre internaute du nom de Brahim Khalloqi. « Il est vraiment intellectuellement malhonnête d’imputer les échecs d’une gouvernance catastrophique de l’état sur la digitalisation. Soyons francs, les problèmes que rencontrerait notre pays suite à une implémentation massive de la numérisation des services ne seraient que le résultat d’une mauvaise anticipation des besoins actuels et futures dictés par la transformation mondialiste et technologique », estime un autre internaute du nom de Mohamed Amine Hamdi.

 

 

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