Les chroniques de Jamal Berraoui

Maroc. Les damnés sous-terre

28 Marocains ont été ensevelis par la boue dans un atelier secret à Tanger. C’est un drame, évitable bien sûr, et surtout en opposition directe avec les objectifs nationaux pour la ville de Tanger, phare désigné de l’intégration du Maroc à l’économie mondialisée.

Les responsabilités sont multiples. Le patron, bien sûr, un escobar de l’informel qui a désormais 28 morts sur le dos, mais aussi le Mokaddem, le Caïd, la DGST, les voisins. Les voisins parce qu’il y a une situation sanitaire, que face à eux, une villa accueille des dizaines de personnes chaque jour. Personne n’a bougé et nous avons des morts à déplorer.

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Mais au-delà de l’émotion, intéressons-nous aux victimes. Comment en 2021, un Marocain, une Marocaine peut accepter de travailler dans un atelier secret, sans aucune garantie sécuritaire ? La réponse c’est la nécessité. Des gens biens, qui refusent de tomber dans l’illicite, la drogue, la prostitution, la délinquance, sont obligés d’accepter de travailler dans des conditions illicites, parce qu’ils n’ont pas le choix. Il n’y a aucune protection sociale digne de ce nom. La lutte contre l’informel des bas-fonds ne peut se résumer à une campagne sécuritaire. Il faut réformer la protection sociale, pour que par respect pour leur dignité, les Marocains refusent des statuts qui confinent à l’esclavage.

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Ce qui s’est passé est inacceptable par rapport à notre projet national. Le traiter comme un fait divers, empêche la vraie réflexion sur ce lumpenprolétariat qui vit aux portes de l’enfer. La lucidité c’est de reconnaître les faits, le déni est source d’inaction.

 
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