Justice

Les Editions Le Seuil se désolidarisent d’Eric Laurent et Catherine Graciet


Les Editions Le Seuil ont annoncé, par communiqué, leur renoncement à publier le livre de Catherine Graciet et Eric Laurent. A l’origine, la rupture de la confiance entre l’éditeur et les auteurs.  

Après avoir confirmé dans un premier temps la préparation du livre sur Mohammed VI, la maison d’édition française considère aujourd’hui que « la relation de confiance » avec les auteurs du livre est « de facto dissoute ». « Dans ces conditions, la publication envisagée ne saurait avoir lieu », affirme l’éditeur.

Cette décision des Editions le Seuil contraste avec les déclarations respectives des deux journalistes mis en examen, qui ont affirmé leur volonté de voir leur livre publié. Dans une interview accordée au journal le Parisien, Catherine Graciet affirme qu’elle s’est « fait la promesse que (notre) livre sortira ». Même son de cloche chez Eric Laurent, qui maintient, dans les colonnes du journal Le Monde, qu’il est « maintenant vraiment partisan de le sortir ». Mais avec tout le discrédit auxquels ils font face des deux côtés de la rive méditerranéenne, et la résiliation du contrat par l’éditeur, les deux journalistes auront désormais du mal à convaincre.

L’éditeur français n’est d’ailleurs pas  le seul à se désolidariser des deux journalistes. Le gouvernement français devrait en effet laisser la justice française faire sans travail et éviter ainsi de donner un caractère politique à cette affaire. Dans une interview accordée dimanche dernier à Europe1, i-télé et le Monde, Laurent Fabius reconnaît que cette affaire s’apparente à « un mauvais film », et précise que « c’est une affaire de droit commun ». Une manière de mettre les deux journalistes face à leur responsabilité, mais également de donner des gages au Maroc sur la neutralité du gouvernement français, quelques semaines seulement après l’instauration de l’accalmie dans les relations entre le Royaume et la France, à travers le rétablissement de la coopération judiciaire entre les deux pays.

Pour rappel, entendus depuis jeudi dernier, Catherine Graciet et Eric Laurent ont été finalement mis en examen samedi dernier, et remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction de se parler. Leurs premières déclarations confirment « la tentation » et un accord autour d’un « deal financier », mais nient toute tentative de chantage. Une ligne de défense qui a du mal à convaincre, d’autant que les deux journalistes commencent à se désolidariser l’un de l’autre. En effet, dans son interview parue dans le Parisien, Catherine Graciet laisse entendre qu’Eric Laurent aurait tout organisé seul, et que finalement elle n’était informée de l’évolution des événements qu’à posteriori. Ce qu’Eric Laurent nie en bloc dans les colonnes du Monde en affirmant que « c’est faux. Je veux bien avoir organisé des choses. Si j’avais tout organisé, il faudrait de sa part un total aveuglement – pour ne pas dire plus – pour rédiger le texte de l’accord et le signer. Et moi, j’aurais été le meilleur des amis de lui proposer la moitié après avoir tout organisé seul ».

Challengenews
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