Entreprises & Marchés

Les grandes entreprises s’essoufflent

Le groupe Success Publications vient de dévoiler son classement des 500 plus grandes entreprises marocaines.
OCP, Samir et Maroc Telecom arrivent en tête de ce palmarès révélateur de la conjoncture difficile que traverse l’économie nationale et les entreprises.


C

omme à l’accoutumée, la parution du Classement des 500 plus grandes entreprises marocaines, effectué par le groupe Success Publications que dirige notre confrère Hassan Alaoui en partenariat avec Kompass Maroc, a donné lieu ce 21 octobre 2013 à Casablanca à une cérémonie de remise de prix aux grands groupes qui se sont distingués. Cette douzième édition 2013 qui a enregistré la présence d’invités prestigieux a consacré l’OCP, la Samir et Maroc Telecom comme les plus grandes entreprises du Royaume. Ainsi, l’Office se retrouve une nouvelle fois leader incontesté des 500 et des phosphates dans le monde. Une consécration qui vient renforcer les efforts de restructuration déployés.

A sa douzième édition, ce baromètre permet une idée nette sur l’économie nationale et les grandes entreprises marocaines. En effet, selon ce palmarès,  2012 n’aura pas été une année ordinaire dans la vie des 500 grandes entreprises marocaines. Non seulement parce qu’elle a été une année économiquement difficile, mais aussi et surtout parce qu’elle marque la fin d’une époque, celles des années glorieuses marocaines. Ces dernières n’auront en effet duré qu’une petite décennie ! « Entre 2000 et 2005, le taux de croissance moyen des 500 grandes entreprises marocaines était de 25 %, puis 15 à 20 % entre 2006 et 2010 avant de chuter à nouveau entre 2010 et 2013 pour atteindre les 10 %. Voilà qui indique l’essoufflement de nos grandes entreprises », souligne Hassan Alaoui.

En tous les cas, cette tendance a été confirmée durant l’année dernière. En effet, le chiffre d’affaires 2012 global cumulé des 500 est de 551,7 milliards de DH contre 522,9 milliards en 2011. Il en ressort ainsi en augmentation de 5,5 %, seulement ! L’activité économique s’est donc bien calmée en 2012. « En 2011, une augmentation de ce chiffre d’affaires n’a été que de 8,6%, pas loin néanmoins des 10%. Donc, c’est quasiment une division par deux qu’aura subie le chiffre d’affaires global des 500 sur une année», note les analystes du classement des 500 qui se demandent comment se serait comporté cet indicateur à un périmètre stable, vu que 74 ont quitté le classement dont une bonne partie de très grandes entreprises. C’est le cas de l’ONE qui a été le grand absent dans ce palmarès à cause dit-on de sa fusion avec l’ONEP. Idem pour la SGTM, Petromin, Yazaki… Pendant que celles-ci sortaient, d’autres nouvelles entreprises faisaient leur entrée dans le classement. Mais si pour l’édition 2012, le dernier du classement, M2M Group réalisait un chiffre d’affaires de 83,5 millions de DH, cette année la 500 ème en l’occurrence Asmama qui opère dans les IEE, n’aligne que 71,4 millions de chiffre d’affaires.

Autre signe attestant l’essoufflement des grandes entreprises et révélé par ce classement 2013 : la moitié des 500 ont vu son chiffre d’affaires baisser en une année. Même les grandes entreprises du Top 10 de ce classement n’ont pas échappé à cette tendance. Ce qui n’est pas sans impacter la performance globale de l’ensemble. C’est le cas par exemple de l’OCP  dont le chiffre d’affaires n’aura crû que de 5 % contre 30 % l’année dernière. Celui de Maroc Telecom a lui aussi reculé de -3,2 %. A noter qu’outre le podium composé de l’OCP, la Samir et Maroc Telecom, on retrouve respectivement de la 4 ème place à la dixième, Afriquia Smdc, Royal Air Maroc, Société Marocaine des Tabacs, Vivo Energy Maroc, Marjane Holding, Douja Promotion Groupe Addoha et Total Maroc.

 Aujourd’hui, tout compte fait et face donc à cet essoufflement, les analystes du classement 2013 sont catégoriques: l’avenir des grandes entreprises marocaines se jouera  de plus en plus en Afrique, «terreau de croissance».

Tribune et Débats

La tribune qui vous parle d’une actu, d’un sujet qui fait débat, les traite et les analyse. Économistes et autres experts, patrons d’entreprises, décideurs, acteurs de la société civile, s’y prononcent et contribuent à sa grande richesse. Vous avez votre opinion, convergente ou différente. Exprimez-la et mesurez-vous ainsi à nos tribuns et débatteurs.

Envoyez vos analyses à : [email protected], en précisant votre nom, votre prénom et votre métier.

 
Article précédent

Le poids de l’histoire ( Par Jamal Berraoui )

Article suivant

Entreprises publiques: les deux vaches laitières de 2014