L'édito

Les Marocains ont des attentes

Les Marocains donnent une grande importance à la réforme de l’administration et à une présence plus forte de l’autorité de l’État pour réaliser les objectifs du développement durable (ODD) à l’horizon 2030. C’est ce qui ressort de l’Enquête Nationale sur la perception par les ménages de quelques cibles des principaux ODD réalisés par le HCP. La réforme de l’enseignement et l’égalité d’accès à l’Enseignement et à la Santé viennent successivement en 3e et 4e position. La démocratie n’occupe que la 5ème place. Nous sommes devant un tableau qui nous renseigne « scientifiquement » sur les préoccupations des Marocains. La relation à l’administration et le besoin d’une présence « plus forte » de l’État sont des objectifs primordiaux pour 37 % des Marocains, alors que seuls 12,9% voient dans la démocratie un moyen pour réaliser le développement durable. L’exercice de la fonction politique et le bilan de la démocratie sont à évaluer d’une façon objective en relation avec la qualité de l’Elite issue des urnes et des pratiques peu orthodoxes qui ont permis à certains de s’accrocher aux sièges et aux privilèges, plutôt qu’aux principes et aux bonnes pratiques. La mauvaise gestion de la chose publique tant au niveau central que territorial, a poussé les citoyens à cibler la réforme de l’administration et la sécurité comme moyens de réalisation du développement durable. Le soutien à l’initiative privée et la planification ne recueille ensemble que 23,4 %. Ces chiffres sont très utiles pour guider le Chef du gouvernement dans le choix de sa future équipe et les axes de son programme.


Le spectacle a été brillamment assuré par les organisateurs et les concepteurs du « Forum africain de l’investissement et des affaires » organisé par nos frères algériens. Comptant pallier les insuffisances par un recours à l’improvisation et l’exploitation d’un passé récent fait de virements et d’aides à certains pays du continent, les responsables politiques algériens et ceux qui relèvent de la sphère économique ont oublié que les hommes d’affaires n’évaluent que le concret et le montage technique et financier des projets. Entre bourdes discursives et couacs protocolaires, les participants au forum, peu nombreux par ailleurs, ont découvert une réalité faite d’absence de coordination entre le gouvernement et les patrons algériens et d’une réelle absence de visibilité. L’Afrique et ses pays ne demandent que le sérieux et l’édification d’un partenariat sud-sud basé sur le respect et le partage des gains avec équité. Ce partenariat africain a besoin de tout le monde et aucun pays ne peut être aparté pour des raisons autres que le défaut d’un engagement sincère et clair. Le Maroc est Africain et le restera grâce à l’engagement de son monarque et le dynamisme de ses hommes d’affaires. Ce travail mérite d’être médité par ceux qui veulent l’imiter sans conviction et ils ne peuvent trouver que la volonté profonde de partager les bonnes pratiques en la matière.

Nous avons un gouvernement qui gère les affaires courantes et nous continuons à attendre un gouvernement qui va gérer les affaires stratégiques. Le jeu des acteurs sur la scène politique nous renvoie à une pièce de théâtre à l’italienne ou le « deus ex machina » où l’être surnaturel dénouera la situation dramatique. Non, la solution ne viendra que de vous chers leaders et vous devez aux citoyens un résultat probant fait d’un programme gouvernemental à la hauteur de nos attentes et de nos défis et d’une équipe de ministres compétents et capables de mener des hommes et des politiques publiques. Les citoyens vous prient d’éviter de mettre à la tête des ministères vos proches sans repères, ni qualifications. Au travail et que notre pays sorte gagnant de cette épreuve démocratique. n

La Rédaction

 
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