L'édito

Les opportunités de la crise

Gaza assiégée, Gaza agressée, les images deviennent presque habituelles, mais n’en demeurent pas moins insoutenables. Israël met à profit, un rapport de forces non seulement militaire mais aussi médiatico-politique largement en sa faveur. Les divisions palestiniennes, l’inaction occidentale, l’impuissance arabe, offrent un contexte défavorable aux aspirations du peuple palestinien. Le Maroc, tant au niveau officiel qu’au niveau populaire fait preuve d’une solidarité sans faille. Il nous faut cependant éviter toute instrumentalisation de ce drame en interne, comme cela se fait dans d’autres pays de la région. Les relations internationales du Maroc ne peuvent être dépendantes des agissements criminels de Netanyahu.


C’est probablement le projet de Loi de Finances le plus discuté depuis des décennies. C’est d’abord la conséquence de l’évolution démocratique. Les institutions représentatives comptent assumer toutes leurs prérogatives. Ainsi, le gouvernement est obligé d’accepter des amendements de sa propre majorité. Amendements qui ne portent ni sur le fond, ni sur la structure du projet de budget. Mais c’est en soi une bonne nouvelle. Cette nouvelle vie démocratique ouvre la voie à toutes les catégories organisées pour peser sur les politiques publiques, au travers des élus. Cela ne peut qu’améliorer la pertinence des choix de l’exécutif. On attend déjà des assises de la fiscalité, un changement radical dans le consensus. Si tous les acteurs se mettent au diapason, la nouvelle ambiance permet tous les espoirs pour une refonte fiscale dans le sens d’une plus grande équité, tout en renforçant les recettes de l’Etat.

Le FMI vient de débloquer un prêt d’urgence de près de 5 milliards de dollars pour l’Egypte. La Tunisie est en passe d’obtenir un prêt équivalent.
La Libye n’en a pas besoin parce qu’elle a récupéré ses capacités d’exportations pétrolières. Les bailleurs de fonds ont décidé d’aider la zone Mena à reconstruire ses économies, seul gage d’une stabilité politique future. Logiquement, cette zone devrait entamer un cycle de croissance forte. Les entreprises marocaines devraient se mobiliser pour prendre des parts de marché dans ces pays. C’est une opportunité très rare parce qu’elle est renforcée par l’ambiance politique générale, celle où le Maroc est perçu comme un soutien des changements intervenus. Il ne faut pas attendre que des positions dominantes se créent sur ces marchés en pleine recomposition. L’Afrique subsaharienne et la zone MENA sont les pôles de croissance pour les décennies à venir, c’est une certitude. Il faut agir en conséquence.

 
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Dentiste, Prof à Harvard et VRP du Maroc

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