Innovation

Les PME toujours à la traîne

Les entreprises marocaines, et notamment les PME, n’accordent pas d’importance à la recherche et au développement (R&D). Elles sont d’ailleurs très peu à consacrer un budget à l’innovation. Un constat frappant lorsqu’on sait qu’à l’ère des nouvelles technologies, seule l’innovation permet, aujourd’hui à une entreprise, quelle que soit sa taille, de ne pas disparaître sous la pression de la concurrence. Pour changer la donne et favoriser l’instauration d’une culture de la R&D au sein de l’entreprise marocaine, le CJD (Centre des jeunes dirigeants d’entreprises) se mobilise. Le centre se donne, en effet, la mission, en tant qu’agitateur d’idées, de corriger le tir à travers plusieurs initiatives. Et, c’est dans ce sens que s’inscrit d’ailleurs, la rencontre organisée le 23 septembre 2017 à Rabat, sous le thème «Entrepreneuriat de la connaissance». Le choix du lieu qui a accueilli l’événement n’est pas aussi fortuit, puisqu’il s’agit de la Mascir (Moroccan foundation for advanced science, innovation and Research), un centre réputé dans la R&D et l’innovation dans le Royaume. Pour Hatim Rih, Président du bureau national du CJD, il est primordial d’attirer l’attention des membres sur l’impact positif que la R&D peut avoir sur la croissance et les performances de l’entreprise marocaine. « Les entreprises marocaines ne peuvent pas continuer à utiliser les solutions qui existent déjà ailleurs, et être seulement consommatrices de ces recherches et innovations. Il faut que nous prenions notre destin en main », lance-t-il d’emblée. «Il faut que nous soyons capables d’avoir une vraie politique d’innovation et de recherche ici au Maroc. C’est le paramètre qu’utilisent les pays européens et américains pour savoir où est-ce qu’ils en sont par rapport au reste du monde », renchérit Abdellah Aït Saïd, vice-président du CJD.


Mais, le constat du centre ne s’applique pas seulement au Maroc, car même à l’échelle du continent africain, la R&D et l’innovation n’ont pas encore pris toute leur place dans l’entreprise. Et, il suffit juste de faire une comparaison avec le nombre de brevets déposés chaque année en Europe ou aux Etats -Unis pour se rendre compte que le fossé est abyssal. « C’est encore dérisoire ! Nous devons briser ce plafond de verre pour pouvoir monter dans le même train que les pays occidentaux, sinon nous serons toujours des suiveurs », lâche le vice-président du CJD. Pour réussir le challenge, le centre veut réussir à mettre autour de la même table, les chercheurs, les universités, les entreprises, les dirigeants, les institutions étatiques. Le but est de créer un écosystème performant pour doper l’innovation, qui est un facteur de réussite dans la mesure où elle permet à l’entreprise d’accroître son chiffre d’affaires et surtout de se différencier sur le marché par rapport à la concurrence. « C’est à travers ces genres de rencontres que nous pouvons agir, car elles permettent de faire émerger des idées nouvelles. Certes, nous, en tant que CJD, nous n’avons pas pour mission de créer une structure qui va rassembler tous ces acteurs pour faire émerger un écosystème. Mais, par contre, nous menons des expériences à échelle réduite, de sorte à ce que des structures spécialisées ou étatiques prennent la relève par la suite », explique Hatim Rih. Rappelons que cette rencontre a enregistré la présence, entre autres, de Nawal Chraibi, directrice générale par intérim de la Mascir, de Anass El Hilal, CEO de MedTruks, ou encore de Adnane Remmal, professeur et inventeur marocain ayant récemment reçu le prix du public de l’inventeur européen 2017. « La mise en place d’un écosystème est une nécessité aujourd’hui », insiste également Adnane Remmal. Selon les experts, les PME et autres petites entreprises qui sont très actives dans la R&D exportent mieux leurs produits sur les marchés étrangers, que celles qui ne font pas de la recherche et développement. En France où l’écosystème est bien implanté depuis des années, les PME, en 2011, ont représenté 84% des entreprises ayant réalisé des activités de R&D, et la dépense intérieure globale des entreprises sur ce segment s’est établie à 28,8 milliards d’euros, soit plus de 300 milliards de DH, cette même année, selon les statistiques officielles.

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