Aéronautique

Les RH, une priorité de l’aéronautique

L’une des satisfactions des entreprises aéronautiques au Maroc est la disponibilité en nombre de personnel qualifié. Mieux encore, dans la volonté des pouvoirs publics et du GIMAS, de prendre les devants, ce sont près de 23.000 jeunes qui vont être formés à des métiers de ce secteur de pointe d’ici 2020.


L’aéronautique, qui est une activité récente au Maroc, emploie des jeunes, puisque les 12.000 personnes qui y travaillent ont un âge moyen inférieur à 30 ans, et 50% sont des femmes. Le niveau minimum en termes de formation est de Bac+2. C’est une activité qui projette la jeunesse marocaine dans l’économie de la connaissance et favorise le développement du capital humain marocain. Le gouvernement et le Groupement des Industries Aéronautiques et Spatiales (GIMAS) ont ainsi pour objectif de former, d’ici 2020, près de 23.000 jeunes à des métiers de ce secteur de pointe qui induit d’autres activités, tels les maîtres d’œuvre et concepteurs de systèmes (avionneurs, constructeurs de satellites, concepteurs de systèmes électroniques embarqués…), les motoristes (concepteurs de systèmes de propulsion), mais aussi les équipementiers. Pour beaucoup de spécialistes, l’ambition du Maroc est non pas de se contenter de la partie production, mais d’être actif dans la recherche et développement.
Avec l’Institut Spécialisé des Métiers de l’Aéronautique et de la Logistique Aéroportuaire (Ismala) et l’Académie Internationale Mohammed VI de l’aviation civile, tous situés à Nouaceur à Casablanca, l’Institut des Métiers de l’Aéronautique de Casablanca (IMA) est une des mesures phares mises en place par le Maroc pour favoriser la croissance d’une industrie aéronautique locale. L’institut est issu d’un partenariat entre l’État marocain, le Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS) et l’Union des Industries des Métiers de la Métallurgie de France. Financé par l’État, il est géré par le GIMAS. Les étudiants passent 15 jours à l’institut et 15 jours en entreprise. Et lorsqu’ils sont à l’IMA, il passent 30% du temps en classe et 70% en atelier.

Aujourd’hui, au Maroc, il s’est constitué un solide dispositif de formation et de mise à niveau des compétences locales. Qu’elle soit publique ou privée ou dans le cadre d’un partenariat public/privé, l’offre de formation est en train de s’étoffer en fonction des attentes du marché. Par exemple, l’université Mundiapolis, située au cœur de l’aéropôle Mohammed V, se présente comme étant un interlocuteur privilégié pour accompagner cette montée en compétences par une formation d’excellence via son école d’Ingénierie et plus précisément à travers sa filière en génie aéronautique. Du côté de Rabat, l’Université Internationale de Rabat (UIR) a été l’une des premières écoles supérieures privées à lancer le master en ingénierie aérospatiale, une formation en cinq ans qui offre comme débouchés les bureaux d’études, l’assurance qualité, l’ingénierie, l’exploitation de flottes, la veille technologique, la gestion du trafic aérien… D’autres établissements moins bien connus comme AéroSup (Casablanca) se sont lancés dans l’aventure.

patrickPatrick Menager, DG de l’IMA

L’Institut des Métiers de l’Aéronautique de Casablanca a été créé il y a maintenant 6 ans pour répondre au développement des industriels du secteur aéronautique au Maroc. Nous travaillons pour l’ensemble des membres du GIMAS (Groupement des industries marocaines et aéronautiques et spatiales) composé environ de 125 membres. L’objectif est de répondre à leurs besoins en termes de compétence. Nous développons dans cet institut deux types d’activité. D’abord, il y a la formation initiale qualifiante des jeunes qui sont en général de niveau Bac+2 et que nous formons spécifiquement par rapport à un besoin des industriels. L’autre activité concerne la formation continue. Cette dernière s’adresse à des salariés qui sont déjà dans le secteur aéronautique et qui vont venir compléter leur compétence sur des domaines spécifiques.

En 2016, nous avons formé 1200 stagiaires ici et notre prévision de croissance est d’environ 20% sur 2017, correspondant à l’évolution du secteur, puisque la plupart des entreprises sont en croissance et nous devons répondre à leurs besoins en termes de talent qualifié. La formation au sein de l’IMA passe d’abord par une phase de sélection des stagiaires selon des critères qui nous sont donnés par ces industriels qui participent à la sélection finale du groupe de stagiaires qui va être formé chez nous. Nous procédons à la formation et en général, si tout se passe bien, l’industriel va embaucher le stagiaire à l’issue de sa formation qui se déroule en alternance, c’est-à-dire 50% du temps à l’IMA et 50% du temps chez l’industriel. Nous avons un très bon taux d’insertion puisque nous sommes à, pratiquement, 100% du fait de la bonne adéquation de ces formations par rapport aux besoins exprimés par les industriels.

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