Economie

Les taux des crédits immobiliers revus à la hausse

Les conditions de financement de l’immobilier sont en train d’être resserrées par les banques. Premiers touchés : les MRE et les professions libérales.


Le manque de liquidité bancaire pousse les établissements de crédit à serrer davantage les vis. C’est ce que ressentent sur le terrain les clients mais aussi les professionnels. « Le financement des MRE et des professions libérales nécessite quasi systématiquement un apport initial en 2012/2013 alors qu’en 2011, les financements à 100% étaient plus fréquents», reconnaît Ghali Chraïbi,  directeur du courtier en prêts immobiliers, Cafpi Maroc. Et ce n’est pas tout, d’autres conditions de financement d’octroi des crédits immobiliers ont changé. « On sent que  les banques recherchent plus de marge, avec la hausse des frais de dossiers bancaires chez certaines et la hausse des taux chez d’autres », poursuit Chraïbi.

En effet, depuis le début de  l’année 2012, les taux ont évolué à la hausse particulièrement ceux fixes. Les taux fixes varient entre 5,8% et 6,4%, les taux variables entre 5,30% et 5,90%. Néanmoins,  le courtier en prêts immobiliers souhaite préciser à ce niveau qu’il y a une nuance à faire au niveau des conditions qui diffèrent selon le montant emprunté. « Les segments de  clientèle ne subissent pas les mêmes évolutions.

Concernant les crédits inférieurs à 800.000 DH, nous avons remarqué une hausse tangible. Par contre, pour des crédits supérieurs à 1 million de dirhams, le taux fixe  s’est maintenu, voire a baissé ». Mais à l’évidence, compte tenu du contexte actuel, la baisse des taux n’est pas quelque chose qui serait envisageable cette année. Et malgré tout,  Cafpi continue de recommander à ses clients le taux fixe, « plus que jamais ». Les temps sont durs. Les clients continueront- ils pour autant à vouloir prendre des crédits ?! L’année  2013 ne démarre pas sous les meilleurs auspices. Le cadre macro-économique (niveau du déficit aux environs de 7%, charge mirobolante de la compensation,  baisse des réserves des changes…) laissant à désirer. Le moral des ménages n’est pas au beau fixe.

Ajoutez à cela au niveau de l’immobilier, la nouvelle loi sur les notaires qui continue à faire  du bruit tant qu’elle n’a pas été amendée. Et plus encore: « la nouvelle loi de Finances ne favorise pas spécialement la transaction ou la production de crédit immobilier en raison  du renchérissement de la TPF (ex TPI) notamment sur les terrains nus et l’inscription des crédits immobiliers hérités en valeur historique plutôt qu’en valeur du marché, poussera  les ayants droits à conserver leurs actifs », avance Chraïbi. C’est dans cette ambiance que l’expert conclut qu’en 2013, la croissance du secteur immobilier devrait alors se maintenir,  même si elle demeure faible. ■ 

 
Article précédent

Mohamed Mounir, un rebelle à Mawazine

Article suivant

e-Commerce: ce que cherchent les bailleurs de fonds