Les chroniques de Jamal Berraoui

L’Espagne piégée

L’affaire Brahim Ghali a suscité une vraie tension diplomatique entre Rabat et Madrid. Aux questions posées par le communiqué du ministère des Affaires Etrangères marocain, l’Espagne répond que la réception de Brahim Ghali est un geste humanitaire. Or, le Maroc ne conteste pas que cette personne soit soignée, mais qu’elle entre sur le sol espagnol avec une fausse identité pour fuir les poursuites judiciaires enclenchées par des Sahraouis.


Le gouvernement espagnol a tenté de contourner l’Etat de droit et de soustraire à la Justice de son propre pays un homme soupçonné de tortures, de séquestration. C’est cela qui fait de cette affaire un problème espagnol au-delà de la crise diplomatique actuelle. La Justice espagnole a décidé d’entendre Brahim Ghali. Elle ne pourra le faire que si son état de santé le permet. Mais ensuite, devra-t-il  rester en Espagne jusqu’à la fin des procédures ou pourra-t-il rentrer en Algérie et se soustraire à nouveau à la Justice ?

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C’est une affaire qui mettra en lumière le degré d’indépendance de la Justice espagnole. Pendant des années, Brahim Ghali a refusé de se présenter devant la Justice, c’est un motif de le garder sous contrôle judiciaire jusqu’au procès ou l’abandon des poursuites. Toute autre décision prendrait des allures de deal.

L’Espagne a été piégée par sa politique au Maghreb où elle joue les équilibres au mépris de la clarté. En tant que puissance coloniale, elle sait très bien que la résistance à sa pénétration par Maa El Ainaine s’est faite au nom du Roi du Maroc. Elle sait aussi, que la stabilité du flanc sud est primordiale pour sa propre sécurité. Mais elle refuse de s’engager et laisse même une grande liberté d’action au Polisario sur son sol, sous la pression de l’extrême gauche. Et pourtant, Madrid loue à chaque occasion le partenariat avec le Maroc sur des dossiers stratégiques, en particulier la lutte contre le terrorisme.

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La fermeté  marocaine est une position pas une posture. Madrid doit clarifier ses choix sur l’affaire du Sahara, si la coopération stratégique l’intéresse toujours. Les barbouzes ont piégé la diplomatie espagnole. Celle-ci a cru qu’une fausse identité réglerait le problème. Elle se trouve avec un scandale sur les bras et une tension très sérieuse avec le Maroc.

 
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