Energie renouvelable

L’espagnol Endesa renonce à ses ambitions au Maroc

Le leader dans la péninsule ibérique est en train de faire marche arrière, alors que le marché marocain semble représenter pour lui une expansion naturelle.


L’espagnol Endesa est-il en train de faire un trait sur ses ambitions de se lancer dans les énergies renouvelables (ENR) au Maroc ? Tout semble croire que oui, quatre ans à peine après y avoir planté son étendard à travers Endesa Generacion Morocco.

En effet, l’énergéticien leader dans la péninsule ibérique vient de liquider sa filiale marocaine créée en avril 2016 et qui était censée développer des projets de production d’électricité à base d’ENR. Une campagne de recrutement de plusieurs experts locaux de la filière des énergies vertes avait même été menée en 2017 à cet effet ! Pourquoi donc un tel revirement alors que le marché marocain semble être une expansion naturelle pour le groupe Endesa ?

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Il faut peut-être trouver un début de réponse dans les limites du cadre réglementaire actuel qui régit la production privée de l’électricité à base d’ENR en dehors des projets concédés par l’ONEE en mode Build Own and Transfer (BOT). En effet, comme nous l’avons indiqué à plusieurs reprises sur ces colonnes, la loi 13-09 qui a acté, dès 2011, la libéralisation du secteur de l’électricité verte au Maroc et celle qui l’a complétée en 2016 (en l’occurrence la loi 58-15), ont été jusqu’à présent un échec à cause des délais effroyablement longs du process de « permitting » (cycle allant des premières études préliminaires jusqu’à la concession définitive et le permis de construction), mais aussi de l’incapacité manifeste du gouvernement à sortir les textes d’application nécessaires sans lesquelles la rentabilisation d’une large partie des projets d’ENR n’est qu’un vœu pieu (Voir dossier du 05 juin 2018 « La Loi 13-09 : un rendez-vous raté avec la libéralisation« ). L’acteur ibérique, contrôlé par le groupe italien ENEL, ne serait d’ailleurs pas le premier acteur étranger à avoir jeté l’éponge au Maroc après des espoirs déçus, ou encore à y perdre patience dans le sillage d’un embourbement de longue durée dans les méandres administratifs à l’instar du leader mondial EDF dont le bilan au Maroc en matière d’ENR est encore vierge sept ans après avoir créé EDF Maroc.  

Rappelons qu’ENDESA garde, par ailleurs, un pied au Maroc dans la production électrique conventionnelle à travers sa participation à 32% dans le capital de la centrale thermique de Tahaddart (près d’Asilah) qui subvient à 7% de la consommation nationale d’électricité et dont l’ONEE devrait se désengager bientôt en mettant en cession son bloc de 48% dans le cadre des privatisations annoncées par la Loi de Finances 2019.

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