L'édito

L’espoir comme remède

Selon le HCP, deux tiers des entreprises ne réaliseront pas les investissements prévus en 2020. C’était fort prévisible. La crise de la Covid-19 a induit des crises de trésorerie, mais surtout de visibilité. Il est évident qu’un patron n’investit pas sans visibilité parce que l’acte même d’investir est basé sur les projections, sur des prévisions de profitabilité dans l’avenir.


« Challenge » a choisi de s’intéresser à la moitié pleine du verre. C’est-à-dire le tiers des entreprises qui investissent quand même, bravant les incertitudes et comment se financent-elles. Ce dossier est important parce qu’il démontre la vitalité de secteurs entiers qui gardent espoir dans l’avenir, soit parce qu’ils n’ont pas été trop atteints par la crise, soit tout simplement parce qu’ils pensent pouvoir en sortir par le haut.

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Le surendettement des ménages risque d’impacter sérieusement le système financier marocain. Ces crédits atteignent au Maroc un ratio de loin supérieur à la moyenne des pays émergents. En 2019, il a atteint 359 milliards de dirhams, dont le tiers en crédit à la consommation, la part du lion, les 2/3 étant pour les crédits au logement. Selon un rapport de Bank Al Maghrib, les crédits en souffrance, les impayés ont augmenté de 14 % durant les 9 premiers mois sur le segment des ménages. La Covid-19 est passée par là, entre chômage et perte de revenus, la solvabilité est remise en question. La Banque centrale préconise une certaine largesse avec les règles prudentielles. Mais les banques, même si leur solvabilité est assurée, risquent de prendre des mesures de recouvrement au risque de tensions sociales, car on imagine le désarroi de ceux qui en plus de perdre leur boulot, perdent leur maison. C’est l’un des pires scénarios, heureusement que le vaccin relance l’espoir.

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Les élections américaines ont tenu en haleine le monde entier. Ce n’est pas encore fini, parce que Donald Trump refuse de reconnaître sa défaite, mettant à mal les institutions américaines. La victoire de Joe Biden étant tout de même acquise, elle ouvre la porte de l’espoir. Trump avait entrepris une véritable entreprise de démolition du multilatéralisme. Biden veut revenir à l’accord de Paris sur le climat, à l’OMS, à l’Unesco, diminuer les tensions avec l’Iran, resserrer les liens avec l’Union Européenne. C’est une certitude, le monde se portera mieux sans Trump à la tête de l’United States. Les antagonismes resteront, mais avec une agressivité un cran au-dessous.

 
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