L'édito

L’esprit constructif

Les Royaumes du Maroc et de Jordanie ont toujours eu des relations spéciales et presque familiales. Ceux qui ont vécu sous le règne de feu Hassan II ne peuvent oublier les images des arrivées au Maroc du Roi de Jordanie, feu Hussein et ses salutations transmises à travers le hublot gauche du commandant de l’avion royal jordanien qui n’était que le Roi lui-même. La relation entre ces deux grands Rois était profonde et fraternelle et renvoyait au monde l’image de deux Royaumes ayant choisi la voie de l’ouverture sur le monde et sur une modernité nourrie par une culture ancestrale. Le temps des dictateurs empruntant aux idéologies ses slogans les plus «mobilisateurs» est passé sans laisser de traces positives dans la vie des peuples. Les Royaumes du Maroc et de Jordanie ont pu traverser les zones de turbulence politique et idéologique tout en préservant l’unité de leurs peuples et en ouvrant les voies menant à la gestion démocratique et à la stabilité politique. Les Rois Mohammed VI et Abdallah Ibn Al Hussein donnent l’exemple par leur engagement pour un exercice citoyen de la démocratie. Celui-ci n’est point réduit à un discours sacralisant le pouvoir, mais faisant de la valeur travail un point central dans la création des richesses. Les deux Rois parlent peu et travaillent avec méthode et pour demain.


La région a mobilisé la réflexion et l’intelligence nationales pendant des années. Notre pays a, depuis longtemps, fait le choix de la décentralisation et de la déconcentration et il a fini par faire le choix de la régionalisation avancée. Il fallait réfléchir et penser «marocain» pour trouver les moyens qui pourraient redonner à la citoyenneté sa dimension régionale. Les déséquilibres entre les régions marocaines ne pouvaient continuer à faire l’objet de constatations et de diagnostics sans projets, ni propositions concrètes et réalistes. Le Souverain a fait l’option de faire de la région un pôle d’épanouissement et de développement des énergies humaines et naturelles. Les dispositifs juridiques et financiers avancent à un rythme qui n’est pas toujours à la hauteur de l’ambition Royale. Il ne faut pas attendre les conservateurs prisonniers des procédures, mais aller vers une régionalisation pouvant casser les routines et les murs bloquant les initiatives. C’est cette volonté qui a permis de promouvoir les projets structurants. La ville Mohammed VI – Tanger-Tech est le fruit des initiatives qui ouvrent les voies vers un avenir certain. Un Roi qui pousse les frontières de l’intelligence invite les responsables publics à plus de courage et de créativité. Créer une ville dynamique générant richesses et emplois et offrant un vrai cadre de vie pour des milliers de familles est une réponse aux questions de demain. Les faibles ne sont pas ceux qui sont dans l’incapacité de vivre, mais ceux qui ne peuvent mobiliser leur intelligence pour renforcer la capacité de vivre.

La capacité de renforcer l’unité nationale et de lui donner un sens politique passe par un comportement très responsable de la classe politique. Après cinq mois d’immobilisme politique et une avalanche de messages bloquant les initiatives et l’action des entreprises et des citoyens, le Chef de l’État a décidé de redonner l’espoir à un peuple qui attend des actes plutôt que des discours. Dans le respect de la constitution et de ses articles 42 et 47, le Souverain a tourné une page tout en ouvrant une autre dans le respect de la voie de la démocratie marocaine. La scène politique a pu reconquérir une vitalité perdue et a commencé à renvoyer des messages positifs aux citoyens. Les négociations entre les partis politiques ont pris une trajectoire positive et respectueuse de la tradition marocaine. Les acteurs ne sont plus énervés et penchent, en majorité, vers un consensus productif. La politique n’a de sens que lorsqu’elle donne lieu à des solutions aux problèmes économiques et sociaux. Le reste relève d’un discours qui fait perdre le temps aux citoyens. n

La Rédaction

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