Diplomatie

L’exemplarité de la politique marocaine de bon voisinage : soutenir l’impéritie diplomatique d’un pays est signe d’une majestueuse clairvoyance [Par Mehdi Hijaouy]

Au XXIème siècle, la notion de voisinage terrestre, maritime, aérien, telle que définie par le Droit des gens a connu, une nette évolution, pour y intégrer la toile numérique et l’environnement, lesquels sont liés par des frontières invisibles et perméables. Ce qui insinue que tous les Etats sont, aujourd’hui, voisins, par la force des choses, y compris avec le Tristan da Cunha, l’archipel le plus isolé du monde. Selon Pop IFENE, auteur de l’ouvrage « Voisinage et bon voisinage en droit international » : « le concept de bon voisinage, du point de vue strictement juridique, signifie le droit de voisinage international étendu de la zone frontière à tout le territoire des Etats voisins, aux régions géographiques plus larges et même à tous les pays du monde ». Cette définition des années 80 demeure très pertinente et d’actualité.


La notion de bon voisinage est très claire, mais encore faudrait-il que les pays, particulièrement les gouvernants, qui s’en imprègnent, puissent disposer d’un minimum de bon sens, de sagesse et surtout qu’ils se soucient, avant tout, de l’intérêt de leur population. Dans son préambule, la Charte de l’ONU invite les Etats « à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l’un avec l’autre dans un esprit de bon voisinage ». Il en est aussi de son article 74 qui stipule que :

« Les Membres de l’Organisation reconnaissent aussi que leur politique doit être fondée, autant dans les territoires auxquels s’applique le présent Chapitre que dans leurs territoires métropolitains, sur le principe général du bon voisinage dans le domaine social, économique et commercial, compte tenu des intérêts et de la prospérité du reste du monde. » De par l’importance de ce concept, l’Union européenne a également, dès 2004, élaboré la politique européenne de voisinage, dont le principal objectif est de rapprocher le vieux continent de ses voisins, dans un intérêt mutuel pour tous.

Ainsi et dans le cadre du bon voisinage, les liens diplomatiques entre les Etats, dans tout environnement, devraient répondre à certains principes intangibles de Droit international, à savoir, le respect de la souveraineté étrangère, le non recours à la force, le règlement pacifique des conflits et l’esprit de coopération, quelque soit l’appartenance religieuse ou doctrinale des pays concernés. Malheureusement, beaucoup de pays s’oublient, le plus souvent par manque de maitrise du Droit international ou par inadvertance, ne faisant que porter, drastiquement, volontairement ou machinalement, préjudice à la paix et à la sécurité mondiales.

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Il est donc temps pour les instances régionales et internationales d’appliquer, imminemment, au regard de leurs textes constitutifs, de sévères sanctions aux Etats belliqueux, en toute impunité, qui transgressent les principes du Droit international. Un Discours Royal historique, traduisant la sagesse d’une grande Nation, confirme l’exemplarité du Royaume chérifien, lui conférant primauté et grandeur, en matière de bon voisinage. C’est grâce à la sagesse et à la bonne foi de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que la diplomatie marocaine ne cesse de s’imposer à l’échelle internationale, par sa rigueur, son bon sens et la pertinence de son approche. Le proverbe portugais qui stipule qu’ « une bonne parole éteint plus de feu qu’un banquet d’eau » s’applique parfaitement à la diplomatie du Maroc.

Sa Majesté le Roi Mohammed VI, lors de son discours adressé à la nation à l’occasion du 22ᵉ anniversaire de la fête du trône, s’est exprimé, en toute clarté et en extrême sagesse, en énonçant que « le Maroc s’attache à poursuivre ses efforts sincères pour consolider la sécurité et la stabilité dans son environnement africain et euro-méditerranéen, et plus particulièrement dans son voisinage maghrébin. Dans le droit fil de cette approche, Nous renouvelons Notre invitation sincère à Nos frères en Algérie, pour œuvrer de concert et sans conditions à l’établissement de relations bilatérales fondées sur la confiance, le dialogue et le bon voisinage. » Une main tendue qui a, malheureusement, été brusquement rejetée, dans une totale irraison et dont est, malheureusement et principalement perdant, le peuple algérien, frère et voisin.

D’ailleurs, combien même de citoyens algériens avaient dénoncé, via les réseaux sociaux, leur regret de voir comment les hommes au pouvoir avaient négligé l’assistance d’une puissance voisine qui allait les sauver de leurs misères et à tous les niveaux. Mais encore faut-il que le pays, convié à faire preuve de bon voisinage, soit assez mature, pour évaluer la portée d’une telle invitation, en termes de partage d’intérêts communs et de respect à ses engagements, via différents textes à portées régionale et universelle.

Face à de telles réactions, complétement immatures et puériles, notre cher Monarque, dans une clairvoyance et une lucidité absolues, démontrait, à nouveau, au peuple algérien et à la communauté internationale de manière générale, que le Maroc, agissant en toute spontanéité, reste, par excellence, un pays d’humanisme, de droit et de tolérance qui respecte, à la lettre, ses engagements bilatéraux et multilatéraux, veillant, méticuleusement, à s’inscrire dans le respect du bon voisinage, pour l’instauration de la paix et de la sécurité, sur les plans régional, continental et international.

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Cela n’a pas cessé de se confirmer, suite, notamment, aux alarmants incendies de forêts dans la région kabyle, dont ont été victimes de pauvres citoyens et où le Maroc, suite aux Instructions Royales, a, immédiatement, saisi les autorités algériennes, pour mettre à leur disposition, deux avions bombardiers d’eau amphibie, spécialisés dans la lutte contre les feux de forêts, connus sous le nom de « canadair ». Une invitation qui n’a pas seulement, une fois de plus, été rejetée mais carrément repoussée par le pouvoir en place, mandatant, comme à son accoutumée, ses médias, pour conduire une campagne informationnelle de fake news contre le Royaume, l’accusant de principal responsable de l’enclenchement de ces feux. Et il faudra attendre à peine quelques jours pour que ces mêmes autorités décident, unilatéralement et en non-conformité avec les pratiques diplomatiques d’usage, de rompre les relations diplomatiques avec le Maroc.

Toujours fidèle, attaché à ses principes de respect du bon voisinage et à sa volonté de construire une Union du Maghreb Arabe, forte et pérenne, le Royaume chérifien, à travers son ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, a diffusé un communiqué qui déplore la décision algérienne unilatérale et qui aurait un impact sur le peuple voisin, tout en annonçant que « le Royaume du Maroc restera un partenaire crédible et loyal pour le peuple algérien et continuera d’agir, avec sagesse et responsabilité, pour le développement de relations intermaghrébines saines et fructueuses ».

Les relations internationales imposent un minimum d’éthique et de courtoisie Comme disait Thomas Murner : « Maint fou ne peut plus éteindre le feu qu’il a allumé lui-même. » Une citation qui s’applique à Tebboune et à ses complotistes car n’étant plus en mesure d’apaiser la situation conflictuelle interne et de surmonter les graves difficultés économiques, sociales et sanitaires auxquelles est confrontée l’Algérie, ceux-ci estiment intelligent de détourner l’opinion publique vers un faux problème. Sauf que le peuple frère algérien a énormément acquis en maturité pour ne pas se faire berner par un tel régime.

Un régime qui s’accroche au pouvoir, qui subit de plus en plus d’échecs, en matière de bonne gouvernance aux niveaux national et régional, marqués par la fin des activités de la représentation diplomatique éthiopienne à Alger, depuis le 30 aout 2021, par l’adoption d’un comportement injustifié et mesquin envers Israël, en menant une campagne insensée pour l’empêcher de devenir membre de l’Union africaine ou encore et ce qui est plus grave, de l’accuser, aux côtés de notre pays, d’avoir commandité l’enclenchement des récents feux de forêt.

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L’interview du 26 août 2021, conduite par le journal français le Figaro avec Pierre Vermeren, professeur d’histoire des sociétés berbères et arabes contemporaines à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, permet au commun des mortels de comprendre l’absurdité du régime algérien. Une phrase de Vermeren résume tout : « Face au Maroc, proche d’Israël, l’Algérie en appelle au nationalisme arabe ». Chose qui explique que les relations bilatérales exceptionnelles, maroco-israéliennes, ont été le vrai leitmotiv, sur lequel ces caporaux essaient de justifier leur déchainement, invitant des pays comme l’Egypte, les Comores, la Tunisie, Djibouti, la Mauritanie ou encore la Libye à soumettre une note d’objection à l’Union Africaine pour une non-intégration d’Israël. Mais finalement, aucun gain de cause : l’état hébreux fait partie de cette organisation continentale, en tant que Membre Observateur.

Autre point important : concernant le conflit entre le Maroc et ce présumé fantôme de RASD (polisario) : par quoi y serait concernée cette Algérie ? Moi-même je me suis toujours posé la question mais tout dernièrement, un érudit expert en processus de règlement des litiges internationaux entre Etats, avec une expérience de plus de 30 ans, m’a apporté les éclaircissements nécessaires, que je partage vivement avec le grand public. Ainsi et lors d’une récente discussion dans un forum au niveau de la toile numérique, dont le sujet portait principalement sur la marocanité du Sahara, un internaute, avocat retraité de la Cour internationale de justice n’avait pas manqué d’apporter son expertise à une telle question. Je prends donc le soin de reproduire les propos de ce magistrat international, dont traduction non officielle en langue française :

« – En principe et dans un tel conflit, le Représentant spécial pour le Sahara et chef de la MINURSO, mandaté par le Secrétaire général de l’ONU, est le principal juge qui devrait apprécier, en toute neutralité, la nature, voire même l’existence ou non d’un litige et s’entretenir avec, uniquement, des représentants du Royaume chérifien et du polisario, seules parties impliquées dans ce soi-disant litige.

– A mon humble avis, la question de la marocanité du Sahara est déjà tranchée, depuis la reconnaissance américaine, une position notifiée depuis le 15 décembre 2020 au Conseil de sécurité des Nations Unies. S’y ajoute le nombre extraordinaire de reconnaissances de cette marocanité, par près d’une centaine d’Etats, sans oublier l’installation de près d’une trentaine de représentations diplomatiques dans la région du sud du Maroc.

– le plan d’autonomie du Sahara avait déjà été approuvé à l’unanimité au sein des enceintes de l’ONU, y compris par la partie non concernée, à savoir l’Algérie. »

Le Maroc, s’étant engagé à donner une consécration constitutionnelle au statut d’autonomie et signalant sa place particulière dans l’ordonnancement juridique national, démontre une fois de plus que c’est un pays courtois et qui agit, en total respect et en parfaite éthique, au droit des relations internationales. 

Par Mehdi Hijaouy, expert en Securité, Sûreté, Renseignement et Intelligences économique et stratégique. Fondateur du Washington Strategic Intelligence Center, Mehdi Hijaouy est titulaire d’un Executive MBA en « Stratégie d’Influence, Négociation et Guerre Psychologique » – École de Guerre Économique (EGE), Paris et d’un Executive MBA en « Management des Risques, Sûreté Internationale et Cybersécurité » – EGE, Paris.

 
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