Entreprises & Marchés

Libye : des opportunités, mais encore des entraves

Nombre d’entreprises marocaines désirent investir en Libye, mais la situation actuelle ne s’y prête pas.


La reconstruction de la Libye offre beaucoup d’opportunités, mais ses opportunités sont mises à mal par la crise politique et l’insécurité qui sévissent encore dans le pays. La normalisation peine à se frayer un chemin, et c’est le business qui en pâtit. Nombre d’hommes d’affaires marocains désirent aujourd’hui investir en Libye, mais la situation ne s’y prête pas. Trop de risque, manque de visibilité… Pour la Chambre Economique Mixte Maroco-Libyenne(CEMML), une structure installée à Casablanca il y a à peine deux ans, la situation sur le terrain n’est pas claire en raison de l’insécurité. «La Libye est un marché à fort potentiel et en plein mouvement. Mais, nous n’avons pas encore des données précises sur le climat des affaires dans ce pays. Il est certain que la situation actuelle n’encourage pas les investisseurs marocains à y aller. C’est pour cela que la chambre vient de lancer une étude qui va nous permettre de déterminer les risques et de faire un état des lieux», nous confie Chafik Berrada, chargé de mission à la CEMML. 

Port de Benghazi.

Manque de visibilité

De son côté, Mohamed Zouhair, gérant de la société Recos, spécialisée dans l’assainissement et eau et ingénerie à Agadir, a récemment effectué une mission de prospection en Libye. «Les opportunités pour les entreprises marocaines sont immenses dans ce pays en reconstruction. A Tripoli, la dificulté ne se fait pas trop sentir sur le terrain, car en dépit de la crise, il y a néanmoins un peu de sécurité, contrairement à Benghazi où il est très difficile de faire du business», fait-il remarquer. «L’autre problème aujourd’hui en Libye, c’est que l’administration n’existe pas, à cause de la loi sur l’exclusion des cadres ayant servi sous l’ancien régime. Je pense que le climat actuel ne permet pas le business, les entreprises n’ont personne en face concernant les démarches administratives», déplore Mohamed Zouhair. Selon lui, certaines PME marocaines, qui avaient déjà ciblé le marché libyen, ont dû prendre du recul, pour le moment, pour y voir un peu plus clair. Toutefois, même si l’imbroglio généré par la crise politique a tendance à se poursuivre, il n’en demeure pas moins que les autorités libyennes sont déterminées à favoriser le flux des investissements avec le Royaume. La visite de travail du Premier ministre libyen, Ali Zidan, accompagné d’une forte délégation d’hommes d’affaires, en octobre dernier au Maroc, le prouve bien. La rencontre entre les entrepreneurs marocains et leurs homologues libyens, en marge de cette visite, a permis aux deux parties de mieux cerner les opportunités de part et d’autres. D’ailleurs, une délégation d’hommes d’affaires marocains devrait se rendre en Libye d’ici fin 2013, selon ce qui avait été convenu à l’issue de la visite. Il faut noter que la Libye a besoin d’investissements étrangers pour accroître et diversifier son économie, essentiellement basée sur le pétrole. 

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