Les chroniques de Jamal BerraouiPolitique

L’impasse des révolutions arabes

Au Liban, Saâd Hariri, l’homme de Ryad, a jeté l’éponge. Il ne veut plus être  Premier ministre et propose un gouvernement d’experts. C’est ce que la rue revendique depuis des semaines. Mais pour les manifestants, il s’agit d’abattre le système confessionnel et de construire un Etat moderne et non pas de donner les clés à des technocrates, tout en gardant les structures mafieuses issues de l’accord de Taëf qui a mis fin à la guerre civile. Hezbollah a tué des manifestants parce qu’il veut rester un Etat dans l’Etat.


Elles ne veulent plus du monde d’avant, mais n’esquissent pas leur projet d’avenir, les révoltes en cours sont des jacqueries.

En Irak, on est à 350 morts, là aussi les manifestants refusent le confessionnalisme, dénoncent la corruption. Mais les forces régionales l’Iran, l’Arabie Saoudite jouent leur propre jeu, au mépris des vies humaines.

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En Algérie, il y a une campagne électorale mais sans électeurs. Les cinq candidats sont confinés dans des salles protégées par l’armée. Les présidentielles auront bien lieu, mais avec quel taux de participation ? Et quel est l’avenir du Hirak, qui réussit malgré les provocations à sauvegarder son pacifisme et son unité ?

C’est l’impasse assurée

Ces trois révolutions ont des caractéristiques communes bien que les contextes soient très différents. Il s’agit à chaque fois de la réaction contre une décision (la 5ème pour Bouteflika, une taxe sur le whatsApp, une augmentation d’impôts), qui se transforme en contestation de l’ensemble du système. L’information verrouillée est d’un autre âge, parce que cela se passe sur le net. Après, les régimes réagissent en fonction de leur nature et de leur perméabilité aux pressions étrangères.

Mais la grande faiblesse de ces mouvements c’est qu’ils refusent de se structurer, de proposer un projet alternatif et de se donner les moyens d’y arriver. Le rejet de toute représentation est mortel pour ces mouvements. Les insurrections dans l’histoire, n’ont abouti que quand elles avaient une direction, même si celles-ci se divisent après, se combattent, y compris dans la violence. Mais croire qu’il suffit de battre le pavé, de montrer du courage face à la répression sauvage n’entraîne que des désillusions. L’Egypte en est le meilleur exemple.

Il faut que ces mouvements acceptent une structuration, peut-être plus novatrice, mais au moins minimale, pour avoir des chances d’aboutir.

 
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