Entreprises & Marchés

L’informel, le casse-tête des professionnels du secteur

80% du secteur gangrené par l’informel.Le ministère de l’Habitat dévoile ses mesures pour lutter contre l’anarchie.

La construction fait partie des secteurs les plus dynamiques au Maroc, et sa participation dans le PIB national ne cesse d’augmenter. Mais, c’est aussi un secteur gangrené par l’informel. 80% de ce secteur est, en effet, dominé par l’informel selon les professionnels. Une situation qui pose un sérieux problème en termes de respect des normes et des réglementations en vigueur. Un vrai casse-tête pour les structures reconnues par l’Etat, qui ont vu leurs chiffres d’affaires s’effriter à cause de ce phénomène. Pour réfléchir et trouver des pistes de solution, la Chambre de Commerce Suisse au Maroc a organisé le 26 juin à Casablanca, une conférence-débat qui a réuni des professionnels du secteur (chefs d’entreprise de construction, patrons de sociétés d’importation de matériaux de construction, cimentiers et autres) et le ministère de l’Habitat et de la Politique de la Ville. Les professionnels ont dénoncé l’absence de normes marocaines pour réglementer leur secteur d’activité. « Aujourd’hui, quelqu’un qui a fait ses études en France applique les normes françaises, un autre qui a fait ses études en Allemagne applique les normes allemandes. Il nous faut des normes marocaines », dénonce l’un des intervenants.  

Mesures incitatives 

« Les problèmes rencontrés en termes de qualité et de sécurité sont liés à l’informel. On voit de plus en plus de clients qui construisent pour eux-même et qui ne veulent même plus faire appel aux professionnels. C’est un problème qui doit être pris au sérieux si on veut faire des progrès en la matière», souligne un autre. Les professionnels ont saisi cette occasion pour questionner Taoufiq Benamara, directeur adjoint de la qualité et des affaires techniques au ministère de l’Habitat, qui a représenté le ministre, sur les efforts que le ministère déploie pour leur venir en aide. Pour le département de Nabil Benabdellah, le nouveau code de la construction qui verra le jour incessamment, devrait apporter une réponse claire. « On essaie d’aller petit à petit. Nous sommes conscients de l’enjeu. On essaie d’intéresser les entreprises, petit à petit à se mettre en conformité avec la légalité », assure Taoufiq Benamara qui, notamment rappelé les principaux objectifs de ce code à savoir, la réglementation de l’acte de bâtir, la maîtrise des risques dans les chantiers de construction de même que la mise en place d’un système de contrôle fiable et de sanctions appropriées. Pour Mohamed Chaibi, président de l’APC(Association professionnelle des cimentiers), le ministère de l’Habitat doit réussir à inciter les entreprises à aller vers la légalité, en «rendant le secteur formel plus attractif ». Il faut dire que cette rencontre a permis aux professionnels de se rassurer sur l’avenir de leur secteur d’activité. 

 
Article précédent

"Vers une troisième Intifada" par ( Jamal Berraoui )

Article suivant

Aïcha et Loubna Haddioui : Soeurs dans la vie, associées dans les affaires