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L’intérêt mitigé des investisseurs

La place connaît une nette croissance, mais les volumes sont nettement moins significatifs qu’en 2013. La croissance ne profite qu’aux actions qui ont la faveur de la conjoncture ou qui ont  su surprendre les investisseurs en annonçant des réalisations supérieures aux attentes. Mais, les grosses capitalisations sont rares dans le haut du tableau. 


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lors que les quatre premiers mois de l’année se terminent sur une croissance de 4,12%, entre le 31 décembre 2013 et le 29 avril 2014, l’évolution en 2014 est nettement plus favorable que celle de l’année précédente. Mais c’est trop tôt pour y voir une reprise solide de la place. Car, pour ce faire, il faut que les investisseurs reviennent en force. Alors que les volumes ne sont toujours pas au rendez-vous. De très faibles en 2013, ils le sont encore un peu plus en ce début d’année. 

Ainsi, sur le marché central, la moyenne quotidienne est passée de 90,3 millions de dirhams, sur les quatre premiers mois de l’année à 81,6 millions de dirhams, soit une baisse de 9,4%. 

C’est bien ce qui tempère l’euphorie que certains pourraient avoir en voyant la croissance de l’indice global, le Masi, pour les autres premiers mois. Car en réalité, les investisseurs ne sont toujours pas de retour pour des opérations régulières. A cette baisse de volume, il y a juste deux explications possibles. Soit les actionnaires de sociétés cotées ne sont pas intéressés par la revente de leurs titres, soit en face d’eux, il n’y a pratiquement pas d’acheteurs. 

Pourtant, la logique voudrait que l’on penche plus pour la deuxième hypothèse. Sauf que dans ce cas, on fait face à une évidente contradiction, puisqu’en principe, les cours sont sensés suivre la tendance baissière de la demande. La question qui se pose est de savoir quelles sont les actions qui ont contribué à tirer la place à la hausse. 

Avant tout, il y a d’abord les entreprises de taille relativement modestes. Ainsi, Delattre Levivier enregistre la meilleure performance en s’appréciant de 116%, terminant à 254 dirhams à la date du 29 avril 2014. Delattre est sortie de la zone de turbulence après avoir connu une période de forte baisse de son activité. 

Cette valeur fait même un peu mieux que la SNEP qui est en croissance de 87,6% pour avoir clôturé à 310 dirhams. La filiale du groupe Ynna doit cette forte croissance aux mesures antidumping concernant le PVC en provenance des Etats-Unis, mises en place au cours de 2013. 

Quant à Stroc Industrie, elle cumule quelque 76,9% de gain sur les quatre premiers mois pour terminer à 132,65 dirhams. Le spécialiste de l’ingénierie industrielle doit certainement cette reprise au retour de la rentabilité. Puisqu’il faut rappeler que la société avait un exercice 2012 marqué par des troubles sociaux ayant conduit à l’arrêt de sa production. 

En réalité, les 12 plus fortes croissances depuis le début de l’année ne concernent que des capitalisations de taille modeste, parmi lesquelles le transporteur, CTM, le fonds Risma détenteur des hôtels gérés par Accor, le producteur de peintures Colorado ou encore le Tunisien Ennakl et Involys.  Quoi qu’il en soit, il faut aller à la douzième place, pour retrouver la première grosse capitalisation, la Sonasid qui progresse de 22% à 1050 dirhams. Et là également, c’est une reprise qui s’explique par les résultats du sidérurgiste qui a non seulement bénéficié de mesures de protection,  mais qui a montré qu’il sait se défendre sur le marché local. Les mesures d’optimisation de son outil de production lui ont permis de renforcer sa rentabilité. Alors que la mise en place d’un circuit de distribution plus direct est à l’origine d’une sécurisation de son marché. La Sonasid n’est plus obligée de subir la loi des grossistes qui faisaient baisser les prix et les marges en faisant outrageusement jouer la concurrence. Loin derrière la Sonasid, il y a notamment la Centrale laitière, Managem ou encore Lafarge Ciment qui réalisent toutes une croissance à deux chiffres de leurs cours respectifs. Et là également, on peut le lier plus ou moins aux résultats qui sont supérieurs aux attentes du marché, même si dans certains cas, ils sont en baisse par rapport aux réalisations de l’exercice précédent. 

Malheureusement, on ne peut pas en dire autant pour les autres grosses capitalisations qui ne se montrent pas aussi attrayantes pour les investisseurs. 

 
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