Société

Maroc : mais où est passée la figue de barbarie ?

C’est ainsi que l’appelaient les romains venus s’installer autrefois en Afrique du Nord. C’est un fruit encore hier très populaire qui semble avoir connu une rapide ascension sociale.


La « handya » ou « zaâboul » ou « karmouss » est aujourd’hui en « costume-cravate ». Elle vous regarde de haut. Même les déchets sont soigneusement récupérés et revendus pour être soigneusement recyclés comme aliments de bétail de choix ou comme matière première synthétique. C’est qu’on lui a subitement découvert de nombreuses vertus, certifiées par l’institut national de la recherche agronomique (INRA).
En fait, la hausse rapide du prix de ce fruit est aussi due à d’autres facteurs dont l’infestation massive des cactus pas une cochenille qui a décimé presque la moitié des cultures, au cours des dernières années. Plus de 2000 kilomètres linéaires de cactus ont dû être arrachés et brûlés pour éradiquer ce ravageur apparu au début dans la région de Rhamna, en 2014. Il s’est ensuite propagé chez les Doukkala, habitués à équilibrer leur repas souvent à base de citrouilles, pour ensuite s’étendre vers le Sud. 80 millions de dirhams ont été mobilisés par le ministère de l’agriculture pour faire face à ce fléau.

Lire aussi | MAO Jun :« Le Maroc et la Chine explorent de nouvelles pistes de coopération dans le domaine de la santé »

En fait, l’action a visé aussi la plantation de plusieurs milliers d’hectares, la valorisation des fruits dont huit espèces résistantes sélectionnées par l’INRA et la diversification des produits dérivés à haute valeur ajoutée : confiture, huile, cosmétique, aliment de bétail, matière première synthétique pour fabriquer des tissus, des paniers… Une coccinelle anti-cochenille a été développée et testée par l’INRA pour éviter le recours au traitement chimique pouvant avoir un effet nocif sur la santé humaine. La recherche scientifique a aussi permis de distinguer des variétés qui résistent à l’insecte-agent transmetteur. Mais l’offre aussi est restée faible. Elle n’a guère suivi la croissance rapide de la demande. De plus, en cette période de crise sanitaire, les circuits de distribution ont été perturbés surtout par la restriction des moyens de transport et les nouvelles exigences sanitaires préventives. En tout cas, les gens ne voient plus ces vendeurs ambulants, autrefois à chaque coin de rue, mains gantées, petits couteaux bien aiguisés, gestes rapides pour « déshabiller » le fruit en quelques secondes et l’offrir, en plein air, aux clients, dès le matin. Mais attention aux excès !

Lire aussi | Rentrée scolaire au Maroc : les écoles privées au bout du rouleau ?

 
Article précédent

Live. Coronavirus : la situation au Maroc, samedi 15 août à 18h

Article suivant

Évolution Covid-19 au Maroc : 1.472 nouveaux cas, 42.489 cas cumulés au dimanche 16 août à 18 heures