Sport

Mais quel est le secret du RAJA ?

Il va falloir s’y faire et s’y habituer.


Entre le WAC, les FAR, le MAS, le KACM, le FUS, El Jadida ou Berkane, c’est certainement le RAJA qui est et restera, s’il parvient à triompher de tous ses vieux démons, le club numéro un du Maroc.

Oui, vous avez bien lu, le Raja de Casablanca est en train d’acquérir une dimension qui fait de lui le club numéro un au Maroc. De quoi cela vient-il ? D’abord de son extraordinaire popularité, il est devenu, de par les circonstances, le club que l’on aime… aimer.

Le week-end dernier, alors que le Raja disputait sa finale retour, au Congo, contre le Vita Club, tout le Maroc a retenu son souffle. On peut gager qu’à 20 heures, au moment où la retransmission arrivait sur nos écrans, plus d’un Marocain (et Marocaine) s’est arrangé pour ne rien rater du match. Match historique comme il se doit, et où la victoire rajaouie a été accueillie avec la ferveur qui salue les plus grands exploits de la Nation.

Juste après le match et durant toute la semaine, chacun voulant s’approprier quelque chose du sacre, se déclarait rajaoui et on se saluait en se congratulant et en soulignant que le Raja avait fait honneur au pays.

Il devenait impossible de rencontrer un concitoyen qui serait resté insensible à ce qui fut accompli par le Raja.

Personnellement, on n’en a pas rencontré, bien au contraire. La vie quotidienne avait viré au vert, couleur traditionnelle du club rajaoui, et les radios rediffusaient jusqu’à plus soif, des chants à la gloire des coéquipiers de Hafidi. Ce dernier auteur du but qui a permis au rêve de se réaliser, est promis au meilleur avenir au sein des Lions de l’Atlas et on le voit déjà mener les hommes de Renard vers un.. sacre continental.

Vous l’avez compris, le Raja baigne dans le bonheur et la fierté.

Les félicitations de Sa Majesté Mohammed VI adressées dès la fin de la rencontre, ont comblé le président du Raja, les membres du comité, le staff technique et surtout le fils prodigue Badr Banoune, capitaine et star des foules qui eut l’honneur de converser avec le Souverain au téléphone.

Voici le Raja installé au sommet du podium footballistique marocain, alors qu’il y a à peine 6 mois, il risquait la relégation en divisions inférieures pour cause de gestion financière catastrophique.

Les milliards dilapidés et qu’il faudra rembourser (les dettes du club s’élèvent à 80 millions de dirhams) n’ont pas entamé le moral des troupes, l’appétit de vaincre des joueurs est resté intact malgré les déficits financiers, et même la FRMF faisant profil bas, s’est bien gardée d’appliquer la rigueur des règlements qui punissent les cas de faillite de trésorerie.

On ne touche pas au Raja. On le laisse régler ses problèmes tout seul.

D’ailleurs, il vous le rend bien, car en deux coups de cuillère à pot, il retrouve vitalité, énergie et ambition toujours intacte, il se relance à l’assaut des montagnes.

Le secret du RAJA ? Outre son immense assise populaire, et sa propension à produire des stars pratiquement chaque saison, le Raja, (comme le MAS mais à une moindre échelle), trouve toujours au sein de sa grande famille les hommes et les ressources pour se remettre à flots.

Quand on est Rajaoui, c’est pour la vie.

Au plus profond de la crise, c’est Mohamed Aouzal qui, sortant de sa semi-retraite sportive est venu rassembler, remotiver et sauver ce qui pouvait être sauvé.

Rappelons que Aouzal est un dirigeant contemporain des mythiques et regrettés Maâti Bouabid, Abdellatif Semlali, et Abdelwahab Maach qui ont marqué l’histoire du Raja.

Aouzal bénéficie, grâce à son parcours, de l’estime et de la confiance de tous, et a pu sortir, avec l’aide de nombreux partenaires et même de grands commis de l’Etat, le Raja de l’impasse où certains l’avaient fourré.

Comme par enchantement, tout le monde est revenu au bercail.

A Kinshasa, lieu du sacre du Raja en CAF, dimanche dernier, c’est Rachid Boussairi et Fathi Jamal qui sont partis encadrer le voyage et déblayer le terrain, faisant profiter le groupe de leur riche expérience. Sans la maladie et la mort qui a fini par l’emporter récemment, Abdellatif Lasky n’aurait pas été loin.

Au Raja, quand on y est, on y reste.

On peut se fâcher, bouder, mais au premier coup de grisou on revient à toute vitesse et on se remet au service du club, le club de l’Aigle vert, le club de Derb Soltane et Derb Ghallef, en fait le club de tout le Maroc, qui en cette fin d’année 2018 prend une dimension plus grande.

On lui souhaitera de s’assagir pour que le navire échappe à toutes les tempêtes.

Que le Raja ait fini cette année en champion d’Afrique, est un véritable miracle au vu de son début de saison.

Mais on le sait, les miracles n’arrivent qu’une fois.

Alors à chacun de ne pas trop tirer sur la corde.

Le Raja, que tout le monde aime, a désormais un devoir supplémentaire. Le devoir de grandeur. Il est tenu, voire sommé de devenir vraiment grand.

Dans les règles de l’art.

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