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Majorité : les divisions affichées

Jeudi dernier, la majorité a tenu une réunion pour ressouder ses rangs, après les deux épisodes PJD-PPS et surtout PJD vs RNI. El Othmani a demandé et obtenu que ces deux problèmes soient traités de manière bilatérale et non pas dans le cadre de la réunion élargie. C’était encore une stratégie de l’évitement, pour sauvegarder l’image d’une alliance gouvernementale qui tient la route.


Mais dès que le seul point politique à l’ordre du jour a été abordé, cet accord de façade a volé en éclats. En effet, les partis de la majorité ne voteront pas ensemble pour le choix du président de la deuxième Chambre. Certains soutiennent Benchammas, le Secrétaire général du PAM, d’autres Kayyouh le candidat de l’Istiqlal.

Les deux candidats sont issus de partis de l’opposition. Un observateur étranger pourrait croire qu’il y a une disposition constitutionnelle qui réserverait la présidence de la deuxième Chambre à l’opposition. Il n’en est rien. Pourquoi donc est-ce que la majorité n’a pas son propre candidat ?

Cette attitude est peu respectueuse des institutions et des mœurs démocratiques. Nous avons déjà au perchoir Habib El Malki dont le parti a peiné pour constituer un groupe parlementaire, nous aurons un président de la deuxième Chambre, issu de l’opposition avec le soutien de la majorité. C’est malsain.

Le système partisan tel que nous le connaissons est à bout de souffle. Les alliances de circonstances, arc-en-ciel, fondées sur le partage des portefeuilles, ne permettent plus à l’exécutif de mener les réformes nécessaires. C’est le Roi qui définit les réformes et le calendrier pour les mener. C’est tout simplement un désaveu pour l’équipe gouvernementale.

Si nous voulons sortir de ce cercle vicieux et sauvegarder les acquis de la Constitution de 2011, il nous faut commencer par le commencement, c’est-à-dire la mise à niveau des partis politiques. Ceux-ci doivent appeler à de véritables congrès, évaluer chacun son expérience, se doter d’une vision programmatique, rajeunir les structures et définir le périmètre des alliances possibles. C’est un point crucial, parce que les électeurs ont le droit de choisir, y compris les alliances futures.

Il y a urgence parce que la démobilisation a atteint des niveaux records, que l’exécutif et les institutions représentatives sont totalement démonétisés. Si on ne réagit pas rapidement, le taux d’abstention sera tel que les prochaines élections n’auront aucune crédibilité, ni à l’intérieur, ni à l’étranger.

C’est donc la responsabilité des partis politiques que de redorer leur propre blason pour permettre à la construction démocratique de repartir de l’avant, c’est un tournant de l’histoire où ils ne peuvent plus se défausser sur d’autres intervenants. Avec des directions momifiées, cela ne sera pas chose aisée. Mais l’enjeu est d’une telle importance que l’on peut espérer un réveil patriotique au sein de ces structures en faveur de la démocratie. 

 
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