Sport

Management du football : Entre raison, méthode et passions…

Tout le monde s’en mêle !


Les décisions en football sont difficiles à prendre, surtout dans un environnement social où tout le monde pense avoir son mot à dire et comment refuser ce droit que peut s’octroyer le tout-venant, l’homme de la rue ? Impossible car ce droit à donner son avis, il va aller le clamer dans toutes les tribunes que lui offrent les dérivés d’internet.

Quand naguère, la censure sur les journaux et le contrôle des radios suffisaient à bloquer les paroles et limiter la pensée, aujourd’hui, la vérité de chacun passe les murs et entre par les fenêtres. Du calme plus ou moins aplani, plus ou moins maîtrisé, on est passé au tintamarre « désorganisé ».

Que les doctes dirigeants du Raja aient choisi de prendre langue avec leurs groupes d’« Ultras » avant de décider, ou non, de jouer un match de championnat, programmé pourtant par la ligue professionnelle du football, est révélateur.

Ce match, Raja-DHJ, en fin de compte non joué, aura provoqué un débat qui risque de finir devant les tribunaux sportifs (le TAS peut-être ?) et de provoquer une crise majeure (encore une) dans le cheminement chaotique de notre FRMF.

Pourquoi et comment en est-on arrivé là, alors que ce match est anecdotique et n’aurait jamais dû être la mèche allumant le feu aux poudres ?

Une affaire tellement banale, et dont les générations futures se moqueront quand ils reviendront sur les causes et les conséquences. Dans ce futur, où on espèrera que les mentalités auront alors évolué pour ne plus s’intéresser qu’aux faits et au respect des règlements au lieu de se laisser emporter par les passions et les débordements.

Pour l’instant, personne ne pense à l’avenir, englués qu’on est dans un présent où la moindre des décisions est passible d’être commentée et contestée.

Le Raja a choisi de ne pas jouer mardi 7 janvier face au DHJ, malgré les injonctions de la ligue. Pour sa défense, le club casablancais évoque qu’entre deux matchs qu’il doit livrer en Algérie, il préfère rester sur place plutôt que de rentrer au Maroc. Le président de la Ligue a servi le tapis rouge (avion spécial) et exposé des comparaisons entre les distances à parcourir en rappelant que le Raja a déjà (trop) de matchs en retard, sans réussir à convaincre les Verts et ses dirigeants ligotés par leurs supporters.

Des supporters en colère, car dans tous les arguments déployés par Naciri et les textes signés, ils ne voient qu’une chose, Naciri est Wydadi et donc forcément contre eux. Le conflit d’intérêts est patent, et donc les soupçons incontournables.

En outre, la symbolique victoire du Raja contre le Mouloudia Club d’Alger, en Coupe Mohammed VI, a donné une aura supplémentaire sur laquelle le Raja compte bien surfer pour tirer les responsables du football national dans son sillage.

En outre, la quasi-totalité de la presse d’ici est derrière le Raja, et malgré quelques voix qui appellent à la Raison, le Raja est largement soutenu dans sa position anti Naciri et donc anti ligue.

Le Raja frondeur par tradition, va finir, c’est quasi sûr, par adopter une attitude de conciliation, mais à son heure et à sa guise. 

Pardon ? Comment vous dites ? Que fait-on de la légalité et du respect des règlements, des décisions, et donc de l’adversaire : le DHJ en l’occurrence… ?

Fadaises que tout cela, le Raja est lancé dans sa bataille et rien ne l’arrêtera pour l’instant, tant qu’il gagne et qu’il est en mission pour l’honneur du foot national à la grande joie du public. 

Un public qui applaudit et qui fait taire tous ceux qui prétendraient qu’il eut été plus intelligent de rentrer au Maroc et de jouer un match, plutôt que de rester 10 jours en Algérie en concentration au risque d’ennuyer les joueur qui peut-être, auraient été mieux dans leur environnement habituel. 

Ce langage raisonnable n’a pas sa place malheureusement, car le Raja, habitué à avoir des reports à la carte, et fort de sa masse populaire, entend dicter ses désidératas.

On ne leur reprochera pas cette attitude, la dernière fois que le Raja s’est plié à un programme, il y a laissé des plumes. Personne, et surtout pas le Raja, n’a oublié ce qui est arrivé quand le FUS, est venu battre le Raja à Casablanca, au moment où tout le monde pensait que le club était en plein boom et que le FUS ne pèserait pas lourd. Ce jour-là, le public rajaoui s’est retourné contre son club. Et peut-être que personne ne veut revivre cette triste expérience.

Protéger le Raja, d’accord, mais peut-être qu’il serait judicieux de songer à le protéger contre lui-même.

Ceci dit, bonne chance à tous, en attendant que la raison, un jour, l’emporte.

Pour le bien de tous et l’intérêt général.

Challengenews
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