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Marché des actions : Les succès et les échecs de 2019

Quelles sont les entreprises qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu sur le marché des actions au courant de l’année écoulée ? Qui sont les perdants ? 


Si en 2018, seuls 24 titres sur 77 s’étaient inscrits à la hausse, durant l’année écoulée, ce sont pas moins de 35 qui se sont illustrés positivement. Résultat des courses : la majorité des secteurs cotés clôturent l’année dans le vert. Ainsi, sur les 24 secteurs que compte la Bourse de Casablanca, 17 ont évolué positivement contrairement à 2018 où 18 secteurs avaient reculé. En 2019, le secteur des logiciels et systèmes informatiques (+35,06%) se retrouve en tête suivi de celui de la distribution (+23,98%), de l’agroalimentaire (+20,61%), puis des télécommunications (8,13%), des banques (+5,56%) et des Bâtiments et Matériel de Construction  (+1,6%). 

Et, si une année auparavant, le secteur NTI réalisait une performance de 13,4%, celui-ci a multiplié par trois sa performance moyenne annuelle, affichant la plus forte hausse de cette année, soit 41,3 %. C’est ainsi que le relais de croissance de 2019 a été pris par le titre Microdata, spécialisé dans la commercialisation et le déploiement d’infrastructures informatiques en faveur d’organismes privés, publics, et notamment ceux du secteur financier, qui a affiché une hausse de +76% durant cette année, alors que la valeur n’avait augmenté que de 8,5% une année auparavant. La valeur de l’entreprise créée en 1991 par Hassan Amor et introduite en bourse en 2007, a pourtant connu un passage à vide jusqu’en 2016. Passée cette période, elle a réussi à s’extirper de cette latéralisation pour côtoyer aujourd’hui des sommets record à 470 DH. Et les relais de croissance, ce n’est pas ce qui manque chez Microdata. D’abord, à court terme, la société devrait profiter de la réallocation des budgets publics en faveur de la remise à niveau des infrastructures IT dans le cadre de la transformation digitale. L’obsolescence de l’infrastructure et la nécessité de son renouvellement dans le privé constituent aussi un relais sans compter, sur le long terme, les nouvelles tendances technologiques (généralisation du stockage par mémoire flash, le passage à la fibre optique, le passage à la 5G…). 

C’est également dans ce secteur des logiciels et services informatiques qui a le vent en poupe, que l’on retrouve la deuxième valeur la plus performante de l’année écoulée à travers HPS, spécialisé en développement de solutions de paiement électronique multi canal. Multipliant les performances à l’export, la multinationale dirigée par Mohamed Horani, a vu son cours boursier gagner +45,1%. Sa valeur, introduite en bourse en 2006, à des prix oscillant entre 740 et 850 DH, a affiché au final un cours de 3750 DH. 

Lire aussi : Comment la Bourse de Casablanca a rattrapé ses pertes de 50 milliards de DH essuyées en 2018

Involys, acteur incontournable dans l’édition et l’intégration de solutions logicielles métiers, a confirmé à son tour la bonne santé du secteur marocain des NTI. Car, l’entreprise dirigée par Bassim Jai Hokimi la troisième valeur la plus performante de l’année écoulée sur la place casablancaise. Involys a vu son cours boursier prendre environ +33,4% en 2019 pour se situer à 160 DH. Par ailleurs, si Disway s’est nettement rattrapée en 2019,  la situation financière d’IB Maroc s’est toutefois dégradée et son cours a suivi.  

 La distribution qui arrive en deuxième position des secteurs a été tirée uniquement grâce à la performance de  Label’Vie (+37,66%). Cette dernière est la seule valeur du secteur à avoir évolué positivement cette année.  Le secteur de l’Agroalimentaire a également réalisé une bonne performance par rapport à 2018 où son indice perdait 10,1%. Grâce à la hausse du cours de Lesieur (+33, 4 %, soit la quatrième plus forte hausse de la place casablancaise), Cosumar et de Mutandis, le secteur a pu faire face à la chute des valeurs Centrale Danone et Dari Couspate, spécialisée dans la fabrication du couscous et des pâtes alimentaires. Deuxième plus forte hausse en 2018, la société de la famille Khalil, qui avait  explosé sur la place Casablancaise en passant de 369 DH (prix d’introduction) à 5 000 DH, a vu son cours chuter à 4138 DH au terme de l’année 2019. 

Le secteur des Télécommunication s’en est bien sorti aussi avec  Maroc Telecom qui s’est apprécié de 8,13% contre 5,6% une année auparavant. Idem pour le secteur bancaire, qui après une baisse de 7,5 % en 2018, a pu se rattraper durant l’année écoulée, grâce principalement à Attijariwafa bank qui a gagné 10%. A noter que CIH, BMCI et BCP ont reculé par rapport à fin 2018, alors que BMCE Bank a augmenté de près de 5%.

A l’instar du secteur bancaire qui affichait une contre-performance de 8,5% en 2018, celui des Bâtiments et Matériel de Construction  est également parvenu à se rattraper durant 2019, principalement grâce à LafargeHolcim Maroc, dont le cours a légèrement augmenté pour afficher 1,6 %. Il faut dire que la timide amélioration de Ciments du Maroc, ainsi que l’évolution de Aluminium du Maroc ont permis de compenser la baisse de Colorado, Jet Contractors et Sonasid.

À l’inverse de ces secteurs qui ont pu tirer leur épingle du jeu, seulement 7 secteurs ont chuté en 2019, contre 18 secteurs une année auparavant. Et comme en 2018, le secteur de la promotion immobilière poursuit sa chute libre. Son indice a perdu  -36,19% l’année dernière. Hormis, le nouvel entrant Immorente (+2%), tous les autres cours des valeurs immobilières de la cote se sont effondrés : Alliances, Balima, Addoha et Résidences Dar Saada ont respectivement cédé -34 %, -5,1 %, -33 % et -43%.  « Si le contexte reste difficile pour les opérateurs immobiliers, la baisse des cours en Bourse est amplifiée par une communication défaillante. Plusieurs investisseurs ont liquidé leur position de manière agressive», relève un analyste financier. Aujourd’hui, le secteur immobilier est plongé dans une crise dont il a du mal à s’extirper depuis quelques années. Cette crise est accentuée par l’atonie de la croissance économique et les promoteurs semblent avoir du mal à s’adapter aux exigences des acquéreurs et beaucoup en pâtissent actuellement. Toujours est-il que globalement, les ingénieries et biens d’équipements industriels sont à la tête des plus fortes baisses au niveau sectoriel avec -57,83%. Ce secteur qui avait enregistré un recul de près de 40 % en 2018,  a plongé encore plus durant l’année écoulée pour se retrouver à la queue du classement sectoriel. Derrière cette contre-performance, les résultats sont en chute libre de Delattre Levivier Maroc (DLM) et Stroc Industrie, qui ont, du reste, enclenché la procédure de sauvegarde au tribunal de Casablanca. Ce n’est pas un hasard si c’est ces deux valeurs ont été les moins performantes durant l’année écoulée. C’est dire qu’il ne fallait pas du tout s’attendre à une progression de ce secteur.

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