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Maroc-BAD : c’est déjà 50 ans de coopération

Abdelilah Benkirane, Chef du gouvernement et Yacine Fal, représentante résidente de la BAD au Maroc.

Membre fondateur de la Banque Africaine de Développement et membre de  son Conseil d’administration, le Maroc fait partie  des pays qui ont le plus bénéficié des financements de cette institution, mais c’est lui aussi qui a contribué à sa restructuration lorsqu’elle a traversé des zones de turbulence financière. par D.A


Les experts et les partenaires de la BAD se souviennent de la rigueur et du professionnalisme de Omar Kabbaj qui a tenu les commandes de pilotage pendant les années difficiles. Les relations de notre pays avec cette institution ont toujours été d’une excellente qualité. Le bureau national de cette institution est devenu un lieu stratégique de fluidification de traitement des dossiers de coopération et de dialogue avec les autorités marocaines.

Le 15 octobre a été choisi pour fêter ce cinquantième anniversaire en partenariat avec la TGR. Les personnalités marocaines étaient au grand complet et à leur tête le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane. Les ministre de l’Enseignement supérieur Daoudi, le Wali de Bank Al Maghrib Abdellatif Jouahri, La présidente de la CGEM Meriem Bensalah Chaqroun et le président de Casablanca finance city, Saïd Ibrahimi ont été présents à coté du vice President de la BAD Aly Abou Sabaa.  

La BAD est aussi une histoire marocaine

La BAD qui a été créée en 1963 et dotée d’un capital de 250 millions de dollars, est aujourd’hui une institution financière internationale qui jouit d’une grande respectabilité au regard de son rôle dans le continent africain. Aujourd’hui, cette institution a un capital de 100 milliards de dollars et dispose d’une reconnaissance sur le marché financier international avec une note AAA. Le montant de ses engagements annuels est d’environ 7 milliards de dollars. La Bad estime le nombre de citoyens africains ayant bénéficié de ses apports aux pays bénéficiaires de sa coopération à 80 millions.  Selon le communiqué de cette institution, le Maroc a bénéficié d’un «montant cumulé d’environ 10 milliards USD dans des secteurs clés de l’économie : eau et assainissement, transport, énergie, agriculture». Le portefeuille de la BAD au Maroc est actuellement composé de 33 opérations pour un montant de 2,3 milliards d’euros. La stratégie de la BAD dans les prochaines années se concentrera sur l’appui à la gouvernance et l’inclusion sociale, et sur  le développement des infrastructures «vertes». 

Benkirane : SM le Roi continuera ses visites africaines

Prenant la parole, le Chef du gouvernement a tenu  à se féliciter de la qualité des   relations du Maroc avec la BAD   et qui reflètent quelque part la profondeur de l’ancrage de notre pays dans son continent. Ce sont des relations qui puisent dans la spiritualité, a affirmé le Chef du gouvernement. Les visites de SM le Roi dans les pays africains sont toujours des moments exceptionnels. Benkirane a tenu à partager avec l’assistance la volonté royale de continuer prochainement ses visites africaines. Le Maroc ne travaille pas seulement en tant que pays avec la BAD ou les autres institutions financières, mais en tant que membre de sa famille africaine. Ayant accepté une invitation de John Kerry, secrétaire d’Etat américain à un débat, le Chef du gouvernement a tenu à préciser que l’investissement dans les pays de la famille africaine ne doit pas donner lieu à un gain immédiat.

Pour le Maroc, le Chef du gouvernement a tenu à mettre en relief trois priorités qui sont toujours importantes. Il s’agit des équilibres macroéconomiques qui permettent de consolider la capacité du pays à créer la croissance et les emplois, de la lourdeur de l’administration marocaine qui doit évoluer vers plus de souplesse et moins de procédures, de laisser à la société certaines fonctions pour plus d’efficience en matière économique et de la nécessité de développer une capacité de « réveil » de l’Etat moderne pour qu’il donne plus d’importance à ceux qui sont dans la précarité. Les hommes forts se serviront toujours,  laissant les démunis face à la difficulté. 

Abdelghani Lakhdar : le diagnostic sur les obstacles à l’investissement 

Parmi les interventions qui ont été les plus écoutées, figure celle qui a été faite par Abdelghani Lakhdar conseiller du Chef du gouvernement.  Il s’agit d’une   synthèse  très éloquente, mais surtout très préoccupante. Nos fragilités sont grandes et rendent impérieuse l’accélération de réformes et l’ouverture de nouvelles voies à l’innovation marocaine. Les structures sclérosées doivent disparaitre pour laisser la place à la création et à l’esprit de rupture au niveau des méthodologies et de l’action. La présentation de M. Lakhdar a porté sur un diagnostic pour la croissance au Maroc. L’accent a été mis sur l’analyse des contraintes à une croissance large et inclusive. Ce travail est le fruit d’un partenariat entre le Maroc, la BAD et Millenium Challenge Corporation et dont le rapport final date d’octobre 2014. Il s’agit d’une étude qui a été menée à l’initiative du gouvernement.

 Pour analyser les obstacles à l’investissement privé et à l’entreprenariat, les mots utilisés ont été durs mais réels. L’étude constate les faibles rendements privés pour les activités économiques avec une capacité d’appropriation insuffisante de l’innovation. Les obstacles se dessinent aussi au niveau de la faiblesse du capital humain, du capital naturel et des infrastructures. D’un autre coté, l’investissement bute sur le coût élevé du financement interne et externe et sur la faiblesse de l’épargne. Les distorsions au niveau des règles et des procédures se manifestent au niveau de la lourdeur du système judiciaire, de la structure fiscale biaisée, et de la dualité et la complexité du régime foncier.  Le diagnostic du   capital humain fait ressortir un déficit de la formation et de la  qualification. Le tableau présenté à l’assistance est sans équivoque à ce niveau. Nous avons un faible stock de capital humain qualifié, un faible flux en formation par rapport aux besoins, une faible qualité du capital humain selon le « world economic forum » et une inadéquation entre l’offre et la demande. Les réformes engagées doivent  aboutir à une réforme structurelle de l’éducation et de la formation. L’accord donné pour une deuxième phase du Millenium Challenge portera précisément sur les trois obstacles susvisés à savoir l’éducation, le foncier et la justice. 

 
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