Dossier

Maroc-Israël : place au business

Au-delà de l’aspect diplomatique, le rétablissement des relations entre le Maroc et Israël ouvre surtout, pour les deux pays, de prometteuses perspectives économiques. Les gains peuvent être énormes : le potentiel additionnel d’échanges commerciaux est estimé à 500 millions de dollars par an. Si l’Etat hébreu peut offrir au Maroc une coopération dans des domaines où il excelle, notamment dans les secteurs de technologies de l’eau et de l’agriculture ou de la fintech, entre autres, Israël a également beaucoup à apprendre de l’industrie automobile nationale et des secteurs marocains du textile, de l’aéronautique, et du tourisme, voire du solaire, ainsi que de la capacité du Royaume, situé dans un carrefour d’échanges stratégiques, à servir de pont vers l’Afrique. Ce sont donc des opportunités réelles qu’il faut saisir dans ce Maroc- Israël des potentialités. Les deux communautés des affaires ont déjà commencé à placer cette reprise des relations diplomatiques sous le signe du business et de la coopération économique. Les détails.


La normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël apporte dans son sillage le rétablissement des relations économiques, qui depuis quelques jours, est entré dans sa phase de concrétisation. C’est dire quand des marchés s’ouvrent, ils s’ouvrent forcément pour les opérateurs économiques. Les hommes d’affaires marocains et israéliens ont là une carte à jouer. Ils le savent et ont déjà commencé à placer cette reprise des relations diplomatiques entre les deux pays sous le signe du business et de la coopération économique. Il faut dire qu’il y a du potentiel. L’économiste en chef du ministère israélien des Finances, Shira Greenberg, a estimé que les accords signés entre le Maroc et Israël contribueraient à augmenter les flux commerciaux d’environ 500 millions de dollars par an, soit près de 4,5 milliards de DH, dans une déclaration au journal Israël Hayom.

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Un accord de libre-échange dans le pipe

En visite dans le Royaume, le 22 décembre dernier, les membres de la délégation israélienne n’ont pas caché leur volonté d’aller plus vite, de donner dès maintenant un coup d’accélérateur aux nouvelles relations de coopération économique et commerciale entre les deux pays. Lors de son entretien avec son homologue marocain Moulay Hafid Elalamy, Amir Peretz, ministre israélien de l’Économie et de l’Industrie, a même plaidé pour la conclusion d’un accord de libre-échange. Il assure que cet accord de libre-échange ouvrira un champ de «complémentarité» économique et industrielle entre les deux pays, y compris en matière d’investissements conjoints au Moyen-Orient. Alliant l’acte à la parole, Amir Peretz s’est engagé à charger une équipe de travailler rapidement à la préparation d’une première mouture d’accord qui sera soumise à l’appréciation des deux gouvernements.

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En tous les cas, selon le ministère marocain des Affaires étrangères, les deux pays ont convenu de «mettre en place des groupes de travail qui s’attèleront à la conclusion d’accords de collaboration dans de nombreux domaines, notamment les investissements, l’agriculture, l’eau, l’environnement, le tourisme, la science, l’innovation et l’énergie ».  Du fait de la pandémie du nouveau coronavirus, ces groupes de travail se réuniront en ligne. Cependant, une délégation marocaine de haut niveau se rendra en Israël dès que possible, peut-être durant ce mois, pour finaliser les termes de ces accords, souligne-t-on de même source. Une délégation israélienne, menée par le Conseiller à la sécurité nationale d’Israël, Meir Ben Shabbat, est également attendue au Maroc au courant de ce mois.

Déjà quatre accords bilatéraux 

En entendant, quatre accords bilatéraux entre les deux Etats ont été signés, portant notamment sur les liaisons aériennes directes, la gestion de l’eau, la connexion des systèmes financiers et un accord d’exemption de visa pour les diplomates. Par ailleurs, les deux pays se sont mis d’accord sur plusieurs domaines de coopération économique, y compris un effort bilatéral pour réduire les obstacles à l’investissement, accroître la coopération et échanger des informations dans  les domaines de la réglementation financière, de  la prévention du blanchi- ment d’argent et du financement du terrorisme,  ainsi que la promotion de plusieurs conventions internationales au profit de l’activité dans le secteur privé. Des patronats en phase I  l faut dire que les patronats marocain et israélien n’ont pas mis du  temps pour leur première prise de contact, depuis le  rétablissement des relations diplomatiques entre  les deux pays.

En effet, dès  le 4 janvier, la Confédération Générale des Entre- prises du Maroc (CGEM) représentée par son Président Chakib Alj et son  Vice-Président Mehdi Tazi, et son homologue  israélienne, la Manufacturers Association of  Israel, représentée par son Président Ron Tomer, et Dan Cataviras, Directeur général de la Division du commerce extérieur de  «The Manufacturers Asso- ciation (MAI) » (Associa- tion des Industriels d’Israël), se sont entretenues  par visioconférence sur les moyens de dynamiser la coopération économique entre les deux pays.

Selon la CGEM, les discussions ont porté sur les secteurs porteurs, les domaines  de coopération potentiels ainsi que le climat des affaires dans nos deux pays. Il a également été question des moyens à mettre en œuvre en vue  de formaliser le partenariat entre les deux organisations, à savoir la mise  en place d’un Conseil d’Affaires bilatéral ; l’identification des opérateurs  économiques intéressés par les deux marchés respectifs; la mise en relation des présidents des commissions traitant des domaines d’intérêt communs, et enfin de  l’organisation de rencontres économiques pour  permettre aux entreprises marocaines et israéliennes de nouer des partenariats, de prendre connaissance du système économique et du climat des affaires dans les deux pays et de concrétiser leurs projets, que ce soit en termes de  commerce, de projets d’investissements locaux, ou encore de partenariats industriels. Plusieurs secteurs offrant  des perspectives prometteuses ont d’ores et déjà  été identifiés par les deux patronats. « Les possibilités  de partenariat sont importantes et vastes. Plusieurs  domaines de coopération potentiels ont été identifiés,  notamment dans l’agriculture et l’ensemble des sous- secteurs, la gestion de l’eau,  les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC),  les industries pharmaceutique et agroalimentaire, l’énergie, la cleantech et le solaire, la fintech,  le médical et les équipements, l’automobile, le  textile, l’aéronautique, et le tourisme», dit-on auprès de la CGEM. Comme l’a souligné le Directeur général de la Division du commerce extérieur du patronat israélien, Dan Cataviras, dans l’interview qu’elle  nous a accordée à Challenge (voir par ailleurs).  Les économies marocaine et israélienne ne sont pas…

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Autres sujets du dossier :

– Interview avec :

–Laura Kam Fondatrice et Présidente de Kam Global Stratégies «De nombreuses entreprises en quête de partenariat ou de nouveaux marchés nous ont déjà contactées»

–Steve Rhodes Président de Trendlines Group « Nous serions ravis de trouver des opportunités d’investissements au Maroc »

–Gabi Siboni Directeur général du cabinet G. Siboni « Cet accord de normalisation va générer d’importantes opportunités pour toutes les entreprises »

–Dan Catarivas, Directeur des relations internationales du patronat israélien (Association des industriels d’Israël) « Cette normalisation offre désormais, la possibilité d’élargir et d’approfondir les relations entre les secteurs privés israélien et marocain »

–Joseph Levy, homme d’affaires « La Chambre de commerce et d’industrie Maroc-Israël est en gestation »

–Frank Melloul, PDG d’i24NEWS « Le Maroc tient une place particulière dans le cœur des Israéliens »

 
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