Les chroniques de Jamal Berraoui

Maroc : les libertaires au service du fascisme

Nous avons vécu plusieurs épisodes, inquiétants, où l’autorité de l’Etat est bafouée, la sécurité publique, la mienne, la vôtre est mise en question. La bestialité est dans nos rues. Les vieux clivages réapparaissent, il suffit de réclamer une réponse pénale appropriée pour être qualifié d’ultra-sécuritaire. Les tenants de cette position mettent en avant les déficiences du système éducatif, en ne pointant que la responsabilité de l’Etat, alors que les familles sont en déliquescence, l’injustice sociale qui est dénoncée par les hautes autorités de l’Etat. Oui, bien évidemment que ce sont des vérités, mais une fois énoncées qu’est-ce qu’on fait ?


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La culture de la justification est mortifère. Les jeunes qui ont mis la vie des Mokhaznis en danger à Rabat, ne voulaient ni changer de système politique, ni abattre le capitalisme, ce sont juste des barbares qu’il faut mettre hors d’état de nuire, parce qu’ils sont prêts à tuer pour les pétards. Appeler à cette fermeté-là ne signifie pas ignorer une partie des causes. Bien sûr qu’il faut reconstruire un système éducatif qui est actuellement en faillite. Mais il faut le faire en affrontant les vérités. Un homme en prison qui laisse dehors deux femmes et seize enfants, oui 16, que peut-faire l’Etat pour leur éviter la case prison ? Cette théorie de la justification est idiote. La sécurité est le premier devoir d’un Etat vis-à-vis de ses citoyens. En noyant le problème dans des considérations sociales, les libertaires renforcent les mouvements régressifs, c’est automatique.

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Je ne suis pas prêt à pardonner à un éventuel agresseur, parce que son père est chômeur et qu’ils sont sept à vivre dans une chambre. Mais je suis pour de vraies mesures sociales en faveur des déshérités. Ce qui se passe est intolérable, seule la répression dans le cadre de l’Etat de droit est une opinion. Le reste, c’est de la parlotte de salonards.

 
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