Covid-19

Maroc : les migrants sans-papiers et résidents en situation irrégulière peuvent-ils se faire vacciner ?

La campagne de vaccination s’accélère au Maroc avec 8.240.870 de patients ayant reçu une première dose contre la covid-19, à la date du samedi 3 avril à 18 heures. Mais quid des migrants sans-papiers et des résidents en situation irrégulière ?


Avec plus de 8,2 millions de patients ayant reçu une première dose contre la Covid-19 depuis le samedi 3 avril à 18 heures, le Maroc fait figure d’exemple en Afrique et dépasse même les taux de vaccination de la plupart des pays de l’Union européenne.  Le Royaume cible d’ici la fin de l’été l’immunité de quelque 30 millions de personnes, y compris les étrangers résidents en situation régulière. Pour ces derniers, à l’instar des Marocains, la procédure pour se faire vacciner est la même : ils sont invités à prendre rendez-vous ou à le vérifier, soit via l’envoi d’un SMS gratuit au numéro 1717, soit sur la plateforme « www.liqahcorona.ma ». (en français : https://www.liqahcorona.ma/fr). Mais quid des migrants sans-papiers et des résidents en situation irrégulière ? Vulnérables et précaires, migrants sans-papiers figurent en bonne position sur la liste des populations les plus menacées par la crise sanitaire. Mais leur place dans la campagne de vaccination contre la Covid reste encore à préciser, suscitant l’inquiétude des associations humanitaires. « Le Groupe de Travail Protection (GTP) qui est une plateforme de travail constituée d’une trentaine d’Associations, ONGs et Organisations opérationnelles dans le domaine des droits humains, en particulier de la protection des droits des réfugiés, des demandeurs d’asile, des migrants en situation vulnérable et des apatrides dans la région de Casablanca-Settat et dont notre Association Bank de Solidarité est membre, a déjà adressé une lettre au ministre de la Santé pour que les sans-papiers soient pris en compte dans la campagne de vaccination. Mais nous n’avons reçu aucune réponse en dépit de nos nombreuses relances. On attend encore cette réponse qui ne vient pas », souligne Ebeha Beyeth Gueck, Président de l’Association Bank de Solidarité qui tient à préciser que « le droit à la santé n’a pas de frontière ».

Lire aussi| Electricité : Les actes de vandalisme et de vol coûtent 1 milliard de DH par an à l’ONEE

Interpelé sur ce qui pourrait être une omission, un responsable du ministère de la Santé, a simplement répondu « qu’aucune décision officielle n’avait été prise à ce sujet ». Et de préciser que des dizaines de milliers d’étrangers en situation régulière avaient, eux, été vaccinés.  

Il reste encore que les étrangers résidents n’ayant pas de titre de carte de résident ou de séjour en cours de validité ne pourront pas également se faire vacciner. « La pandémie a retardé et mis à l’épreuve ceux qui voulaient renouveler leur carte de séjour. Beaucoup de demandeurs ont eu des difficultés à renouveler leur carte de séjour. Plusieurs personnes en situation régulière sont tombées dans l’irrégularité. Nombreux sont ceux qui ont perdu leur emploi, d’autres sont dans l’informel ou ne sont pas déclarés au sein même des entreprises qui les emploient et d’autres ont fini leurs études et n’ont pas pu renouveler leur carte de séjour », affirme le président de l’Association Bank de Solidarité. 

Lire aussi| L’actionnaire chinois de la Société d’Aménagement de Tanger Tech en visite au Maroc

Plusieurs groupes de défense des droits des migrants craignent qu’en mettant de côté les sans-papiers, ces derniers soient, d’une part, encore plus marginalisés et que, d’autre part, les efforts de vaccination ne soient anéantis. Selon Younes Faudel, Coordinateur de la plateforme Papiers pour tous, « le coût de l’omission des sans-papiers dans la campagne de vaccination va se révéler bien plus élevé que celui du vaccin lui-même ». Pour rappel, depuis 2013, le Maroc a mené de vastes campagnes de régularisation des clandestins présents sur son territoire, offrant des papiers à plus de 50 000 d’entre eux. Mais de nombreux Africains continuent d’affluer dans le pays, certains pour y travailler, d’autres dans l’espoir de poursuivre leur route vers l’Europe.

Lire aussi| Maghreb Steel : le sauvetage de la dernière chance ?

 
Article précédent

Electricité : Les actes de vandalisme et de vol coûtent 1 milliard de DH par an à l’ONEE

Article suivant

Mostafa Terrab reconnu et honoré pour ses compétences