Dossier

Maroc numeric 2013 : Un plan qui n’a pas rempli ses promesses

Pour s’assurer un avenir numérique et se positionner parmi les pays émergents en matière de technologies de l’information, le Maroc
a lancé « Maroc Numeric 2013 ». Une stratégie censée multiplier les sources d’avantages concurrentiels du pays pour en faire une
référence en matière d’IT. Un pari qui n’était pas gagné d’avance.


Au début du nouveau millénaire, le Maroc était un pays en friche technologique confronté à de grands défis depuis que la révolution numérique a eu des répercussions inédites sur tous les pans de l’économie. Les technologies de l’information et de la communication, communément appelées TIC, sont venues servir les objectifs interdépendants que sont une croissance économique durable, l’amélioration du bien-être public et la cohésion sociale. Mais pas seulement. Elles permettent aussi de consolider la démocratie, de renforcer la transparence et la responsabilité dans la gestion des affaires publiques, notamment dans les pays en développement. Pour exploiter ce potentiel, le Maroc a lancé, en 2009, une stratégie nationale pour la société de l’information et l’économie numérique. Un plan ambitieux que quatre axes résument: l’Internet haut débit, l’e-gouvernement, la filière locale des technologies de l’information et l’informatisation des petites et moyennes entreprises (PME). 

Le plan « Maroc Numeric 2013 », puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un programme quinquennal doté d’un budget de 5,2 milliards de dirhams. Avec deux des quatre objectifs qui ont priorité sur les autres. L’impératif de « rendre accessible aux citoyens l’Internet haut débit et de favoriser l’accès aux échanges et à la connaissance », et celui de « rapprocher l’administration des besoins des usagers en termes d’efficacité, de qualité et de transparence en améliorant les services publics à travers le programme e-gouvernement ». Dans ce cadre, il a été décidé la mise en place de 89 projets et services e-gouvernement identifiés qui devaient permettre « d’atteindre un indice e-gouvernement ONU de 0,8 à l’horizon 2013 contre 0,2 en 2008 et 0,3 en 2009 ». Afin de coordonner et harmoniser la réalisation de ce programme, des instances de pilotage ont été mises en place.

Le Comité Interministériel e-gouvernement (CIGOV), et la Direction du Pilotage e-gouvernement (DPGOV et des Structures de Pilotage (SPGOV) au niveau de chaque département ministériel et établissement public. Les autres enjeux de « Maroc Numeric 2013 » consistaient à inciter à l’informatisation des Petites et moyennes entreprises (PME), en mettant en place une subvention pour l’acquisition des solutions d’informatisation sectorielle qui s’élevait à près de 60% de l’investissement TI, mais aussi le développement de la filière TI locale.

Pour installer la confiance numérique qui devait assurer un succès au « Maroc Numeric 2013 », il fallait renforcer le cadre législatif et mettre en place les structures organisationnelles appropriées, notamment le Centre de coordination et de réponse aux incidents liés à la sécurité des systèmes d’information et la commission nationale de protection des données personnelles. 

Arrivé à échéance, le plan n’était pas en phase avec les objectifs affichés lors de son lancement en 2009. Entre 2010 et 2012, le Maroc a bel et bien gagné 48 places dans le classement e-gov de l’ONU, passant de la 104e place à la 56e place, plusieurs administrations s’étant converties au numérique, avec la mise en place de plusieurs sites de services administratifs en ligne. Néanmoins malgré les efforts investis, cela n’a pas suffi pour être dans les délais. Beaucoup de chantiers restaient ouverts et des ajustements et des modalités s’imposaient pour assurer au plan une suite éventuelle. 

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