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Maroc-Russie : la nouvelle ère

S.M le Roi Mohammed VI et Vladimir Poutine, Président russe.

La visite Royale à Moscou à partir du 10 juin a été qualifiée d’historique par l’Ambassadeur Russe. Elle l’est à plusieurs titres. 


L

a visite d’Etat du Souverain à la Fédération de Russie s’intéressera à des sujets très lourds. L’Ambassadeur de Russie a expliqué l’intérêt de son pays pour le Maroc en tant que hub pour l’Afrique. Stable politiquement et performant économiquement, « ce que n’offrent pas les autres pays de la région» selon ses dires. Mais si le volet coopération est important, c’est le volet politique qui devrait primer.

La Russie de Poutine est dans une stratégie de renforcement diplomatique. C’est encore l’Ambassadeur à Rabat qui souligne le poids du Maroc en Afrique et sur la question du Moyen-Orient, la présidence du comité Al Qods conférant au Souverain un rôle important dans toute recherche de solution.

La question du Sahara sera abordée. L’ambassadeur affirme « en tant que diplomate, je dis Sahara Occidental mais à titre personnel, je dis Sahara Marocain». La Russie a toujours refusé le transfert du dossier à l’article 7, qui donnerait les moyens au Conseil de sécurité d’imposer une solution. Mais dans un souci d’équilibre et la position d’alliée de l’Algérie, elle s’est abstenue jusqu’ici de déclarations nettes, bien que votant au Conseil de sécurité toutes les résolutions sur le Sahara, y compris la dernière. Cette fois c’est clair, selon l’Ambassadeur « la Russie continuera à appuyer le Maroc dans le dossier du Sahara ».

Ces avancées, le Maroc les doit à sa crédibilité sur des dossiers importants. La lutte contre le terrorisme en Afrique en est un et Moscou, hyperpuissance, est très attentive à l’évolution de ce fléau, puisqu’elle le combat dans sa partie asiatique. Depuis la chute du mur, les évolutions ont abouti à une identité de vue des deux pays sur les grands sujets internationaux.

Gagnant-gagnant

Du point de vue de Moscou, améliorer sa présence en Afrique est d’une importance stratégique. Les frictions avec l’Europe de l’Ouest, hier à cause de la Géorgie, aujourd’hui autour de l’Ukraine mettent en évidence la difficulté des diplomaties occidentales à comprendre la nouvelle Russie et à respecter son rôle de grande puissance, non atlantique ayant ses propres intérêts.

La Russie reprend de l’influence au Moyen-Orient en réactivant, notamment ses relations avec l’Egypte et en normalisant avec les monarchies du Golfe, Arabie-Saoudite en tête. En Afrique, elle a beaucoup perdu du fait de la chute des régimes dictatoriaux qui se présentaient comme marxistes. La Chine a investi beaucoup de domaines grâce à une attitude pragmatique.

Dans ce contexte Moscou a tout intérêt, effectivement, à une coopération de haut niveau avec le Maroc. Par ailleurs, notre pays ne peut tirer que des bénéfices de rapports de qualité avec une puissance comme la Russie qui compte sur le plan international.

Le volet économique est bien entendu important. Relier les provinces du Sud au chemin de fer est un grand projet qui intéresse les russes. Les investissements russes à l’étranger sont imposants et le Maroc a le potentiel pour en drainer une partie. Enfin, il y a le tourisme. La Russie est un marché émetteur très prometteur. La constitution d’une association bipartite d’hommes d’affaires est un bon début. Nul doute que la visite royale donnera à cette coopération un vrai démarrage. n

 
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