L'éditoLes chroniques de Jamal Berraoui

Maroc : zone mouvante

Le Maroc s’en sort bien face au coronavirus et ce, de manière unanimement reconnue. En fait le mot clé c’est l’anticipation. Dès que les premiers cas ont été enregistrés, on a fermé les frontières, puis confiné pour limiter la propagation du virus. La santé devait se préparer au pire. On est parti avec une capacité de 500 lits de réanimation, vite augmentée à 3000, les médecins militaires et ceux du privé ont été mobilisés. L’industrie a fourni masques et respirateurs. Sur le plan économique, le soutien aux entreprises et aux familles a été et est toujours massif. La première manche est donc gagnée, reste celle du déconfinement progressif et enfin la plus compliquée, celle de la relance économique pour éviter un marasme social.


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Tout le monde parle de relocaliser l’industrie. Les Européens se sont rendus compte qu’ils étaient dépendants, y compris pour des produits stratégiques des pays asiatiques. Le Maroc doit-il craindre ce mouvement s’il se précise ? Pas nécessairement si l’on considère la proximité et le fait que nous n’avons pas réellement bénéficié des délocalisations. L’industrie automobile, fortement en difficulté, n’est pas dans une logique de relocalisation et donc d’augmentation des coûts.

Allègement du confinement, division en zones en fonction de la situation épidémiologique, ce sont les décisions du gouvernement. Elles ne font plus le consensus puisque l’opposition les conteste, mais surtout que la population ne supporte plus les privations de la servitude volontaire. L’impact économique est désastreux, comme partout dans le monde. Il faudra s’armer de patience avant de retrouver des jours heureux.

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