Sport

Marrakech au cœur du football mondial

L’Histoire se souviendra du rôle considérable qu’aura joué la ville de Marrakech dans la marche du football mondial et partant, africain et marocain.


Platini «Tout le monde sait que je suis bien à Marrakech»
Elu en 1988 à Casablanca le président de la CAF Issa Hayatou a été véritablement intronisé, voire statufié, le week-end dernier dans la ville ocre. En 25 ans la ville ocre, celle des palmiers, de Jamaâ El Fna, des calèches et de la Koutoubia a supplanté (définitivement ?) la capitale économique et abrite désormais tous les congrès et festivals qui comptent sur la scène mondiale.
La FIFA et la CAF ont fait de Marrakech leur ville d’attache. C’est là qu’en 2006, la FIFA y a tenu un congrès avec un Sepp Blatter au mieux de sa forme, venu pour multiplier sourires et manifestations de sympathie envers le Maroc, dont le boss de la FIFA mesurait la rancœur de n’avoir pas eu les honneurs d’organiser une phase finale de la Coupe du Monde.
L’autre samedi, invité par le Congrès de la CAF, Blatter a encore appuyé sur ses compliments envers le Royaume du Maroc et manifesté sa considération envers le Souverain S.M Mohammed VI : « Je veux dire le mérite, le grand mérite qui revient à une grande personnalité de ce pays, je veux parler de S.M le Roi Mohammed VI et son engagement personnel en vue de continuer à bâtir, à développer le foot et à construire des stades et c’est parce que le Maroc dispose désormais de stades aux standards mondiaux que nous allons organiser ici la Coupe du Monde des clubs, sous l’égide de la FIFA et qui sera la première du genre sur le sol africain ».
A 77 ans, il les a fêtés simplement dimanche dernier à Marrakech lors du congrès de la CAF, Blatter est plus serein que jamais. Toujours bon pied, bon œil, il a suivi, frais comme un gardon, tous les travaux de la CAF avant de quitter, dès la clôture, Marrakech dans son avion spécial sans oublier, bien sûr, de participer à une fort intéressante conférence de presse dont on reparlera plus loin.
Le 35ème congrès de la CAF restera historique par la réélection triomphale de Issa Hayatou appelé à conduire un septième mandat à la tête du football africain.
A Marrakech aussi, on nota la création, votée à l’unanimité par les congressistes, du Panthéon de la CAF, qui aura pour mission d’honorer les grandes personnalités du football africain.
Pour son « courage, sa persévérance, sa ténacité, sa perspicacité, sa haute culture, sa générosité et son intelligence » (qualificatifs cités par Blatter), Issa Hayatou est la première personne à être admise dans ce panthéon, ce « hall of fame », ce mausolée de la gloire qui gardera désormais la mémoire des grands dirigeants.
Le président de la CAF « panthéonisé » à Marrakech a décidé que Blatter entrerait lui aussi dans ce mausolée africain, chose qui a ravi le Suisse, comblé de gloire et de fortune mais jamais avare d’un honneur ou d’une médaille supplémentaire.
platini, président de l’UEFA, présent lui aussi au congrès de la CAF a eu ce petit commentaire ironico-humoristique au dîner de clôture « Je ne comprends pas pourquoi mes amis africains ne m’ont pas mis dans le Panthéon de la CAF, pourtant je n’ai jamais marqué de but contre une équipe africaine. Ceci dit, je suis là car mon devoir de président européen me le dicte, il y a tant d’intérêts communs entre l’Afrique et l’Europe. Et puis avec ou sans congrès, j’aime venir à Marrakech, tout le monde sait que je suis bien dans cette ville, je l’aime, j’adore son ambiance, son art de vivre et j’ai été heureux de vivre ce congrès avec mon ami Issa Hayatou ».

Ali Fassi Fihri :
l’autorité sereine
Platini, s’il aime Marrakech et le Maroc, les Marocains le lui rendent bien. Partout à l’hôtel ou dans la rue, il est assailli par les demandeurs d’autographes ou de photos. L’ex numéro10 des « Bleus » se prête de bonne grâce à ces témoignages d’amitié envers le grand footballeur qu’il fut et pour son soutien, maintes fois démontré pour le Maroc.
Platini a aussi beaucoup d’amis au sein de la FRMF
Une FRMF qui, sous la conduite de Ali Fassi Fihri a prouvé son savoir-faire et sa maîtrise des choses tout au long du Congrès.
Salué par Blatter et Hayatou, Ali Fassi Fihri et son équipe (Nawal Khalifa, Ghaïbi, Akram, Karim Alem, Tarik Najem et le tout nouveau, tout pétillant Fouad Znati qui, malgré déjà une grande carrière à Itissalat Al Maghrib, est encore frétillant comme un jeunot), abordent les choses du football plus sereinement. Plus professionnellement serait- on tenté de dire.
Le président de la FRMF a choisi Marrakech et l’opportunité du Congrès, pour annoncer la tenue de l’Assemblée générale « Notre mandat se terminant en avril, il est normal que les assises du foot national s’organisent fin avril ».
On aura beaucoup parlé de mandat au Congrès de Marrakech. Outre Hayatou qui postulait pour sa 7ème année consécutive, d’autres dirigeants africains tapaient à la porte du comité exécutif de la CAF.
Courtoise et disciplinée, l’Afrique du Nord n’a présenté aucun candidat pour ne pas gêner l’Algérien Raouraoua qui souhaitait continuer. Par contre, pour les pays du Sud de l’Afrique regroupés dans une zone qui comprend pas moins de 14 nations, (Afrique du Sud, Swaziland, Lesotho, Madagascar, Seychelles, etc …) on retrouvait parmi les candidats, un certain Dany Jordan. Ce dernier, n’est autre que le super dirigeant du foot sud africain, qui a conduit les campagnes 2006 et 2010 de candidature pour la Coupe du Monde et qui, une fois son pays choisi, a présidé le comité d’organisation d’Afrique 2010.
Chouchouté par la FIFA, il pensait ne faire qu’une bouchée de ses adversaires à Marrakech. Là, il ne passa pas le barrage des urnes et fut tristement battu, les africains n’ont pas voulu de lui. C’est le candidat des Seychelles qui fut élu.
Blatter a eu ce simple mot en conférence de presse : «la démocratie a parlé ». Le même Blatter questionné sur ses 77 ans, alors que son «cadet» Hayatou âgé de 65 ans et qui souhaite se retirer en 2017 une fois atteint 70 ans d’âge, a répliqué « Mais qui vous dit que Issa va partir ? » le tout avec un grand sourire.
Le sourire qui fut le symbole de ce congrès marrakchi. 

 
Article précédent

Capital-investissement: les régions gagnent du terrain

Article suivant

Salon de Genève: les dernières nouveautés (P.02)