Tourisme

Marrakech : peu de réservations hôtelières pour ramadan


Encore peu de réservations hôtelières pour le mois de ramadan -juillet-, mais les professionnels du tourisme de Marrakech prennent des mesures pour sauver la saison estivale et tablent sur  le mois d’août qui affiche déjà quasiment complet.

Depuis trois ans, les professionnels du tourisme conjuguent leurs efforts pour que la saison estivale ne soit pas morte en période de ramadan qui tombe cette année en juillet. En particulier à Marrakech, ville phare du tourisme marocain, qui se voit concurrencée par les stations balnéaires, davantage fréquentées au moment des températures caniculaires de l’été. Si une partie des hôteliers ou restaurateurs de la ville ocre profitent du mois sacré pour prendre congé et rénover leurs établissements, d’autres au contraire prennent des mesures pour booster le tourisme, national en particulier. « Il est difficile de résoudre l’équation vacances/tourisme/ramadan, explique Lahcen Zelmat, président de la fédération des hôteliers, secrétaire général de la Confédération Nationale du Tourisme et directeur général de l’hôtel Palm Plazza de Marrakech. Les Marocains n’ont pas l’habitude de voyager en période de ramadan et mon objectif est de leur faire comprendre que, contre toute attente, les familles seraient gagnantes si elles le faisaient. D’une part, le séjour à l’hôtel les décharge des corvées inhérentes au ramadan, comme la préparation des ftours ou la contrainte des horaires, mais elles peuvent suivre les règles traditionnelles du ramadan tout en profitant d’une nouvelle façon d’envisager les vacances sans que ça devienne un handicap. » A titre d’exemple Lahcen Zelmat a pris un certain nombre de mesures, comme la plupart des établissements hôteliers qui restent ouverts en juillet, pour tenter d’attirer la clientèle nationale encore peu motivée à l’idée du voyage en plein ramadan : animations pour les enfants qui sont pris en charge le matin gratuitement sans les parents, avec petit déjeuner offert, ftours gratuits, animations piscine et déjeuners sandwichs –payants-, toujours pour les moins de 12 ans. Les adultes se voient proposer un tourisme plus «culturel », avec des journées découverte de la nature, visite de la ville, mise à disposition de navettes gratuites pour se rendre à la mosquée, sans oublier un programme ftour traditionnel ou revisité, avec à l’arrivée une facture réduite entre 10 et 20% par rapport aux tarifs habituellement pratiqués. Et comme l’ensemble des hôteliers de Marrakech, Lahcen Zelmat mise également  sur la clientèle internationale, dont la fréquentation a enregistré une croissance entre 10 et 15% depuis le début de l’année et qui bénéficiera de séjours vendus à des tarifs « basse saison». Même son de cloche du côté du CRT de Marrakech, dont les responsables travaillent depuis trois ans de façon à booster le tourisme en période de ramadan. « Nous n’avons pas enregistré une grande baisse de fréquentation –en particulier de la clientèle internationale- pendant les mois de ramadan passés, assure Fouzi Zemrani, secrétaire général du CRT de Marrakech. La saison estivale draine davantage une clientèle balnéaire et nous devons adapter nos offres à la clientèle nationale. » Du côté des piscines, aquaparcs et autres parcs d’attractions, les promotions fleurissent, les prix sont revus à la baisse et on concocte diverses animations « spéciales ftour » autour de la rupture du jeûne. Quant aux festivals qui ont lieu d’habitude en juillet à Marrakech, et qui génèrent une hausse non négligeable de la fréquentation touristique nationale, pas question d’annulation, mais éventuellement de report : les dates du FNAP ne sont pas encore précisées, -ils devraient avoir lieu malgré tout début juillet-, mais les responsables du plus ancien festival des arts populaires du Maroc concentrent déjà leur énergie pour fêter en grande pompe son cinquantenaire l’année prochaine. Les organisateurs du Sun Festival, l’association Marock’Jeunes qui est aux commandes de l’événement depuis 2008, ont choisi de scinder le festival en deux parties : un avant goût du festival du 24 au 28 juin avec le « Sun Fest Lab » dédié à la découverte et l’encadrement de jeunes talents, pour reprendre du 16 au 24 septembre dans son programme habituel consacré à la jeune génération.  Enfin, si dans le secteur hôtelier, les réservations pour juillet restent encore faibles, les professionnels du tourisme ne baissent pas les bras et comptent sur la fin du ramadan et le mois d’août –qui affiche déjà quasiment complet- pour rétablir l’équilibre. 

 
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