Modèle économique

Le diagnostic alarmant d’Ahmed Réda Chami

Ahmed Réda Chami, président du Conseil économique social et environnemental (CESE), a détaillé, dans le cadre de la dernière journée de la 2ème édition de l’Université d’été de la CGEM, le diagnostic de son institution en ce qui concerne le nouveau modèle de développement.


« Le Maroc a indéniablement des atouts. Nous avons accompli beaucoup de progrès ces 20 dernières années. Mais, les défis demeurent. Nous disons qu’il faut construire un modèle de développement dynamique assurant une croissance forte et inclusive, garantissant l’égalité des chances et favorisant l’épanouissement des individus. Mais, le chemin est encore long pour atteindre ces objectifs », a-t-il fait remarquer.

Le président du CESE est longuement revenu sur de la situation du pays, et le bilan qu’il a établi n’est pas reluisant. « Malgré le taux de croissance de la période 2012-2018, la prospérité n’y est pas. La croissance de l’emploi a régressé. La croissance à elle seule ne suffit plus à créer de l’emploi et permettre à nos jeunes de construire un avenir certain. Le taux d’activité de la femme est de 22,3%, ce qui veut dire que les femmes ne sont pas vraiment représentées dans le monde du travail. Nous ne pouvons pas faire du développement avec la moitié de la force du travail », a souligné Ahmed Réda Chami.

Sur l’égalité des chances au Maroc, il a également été très clair. « Est-ce qu’au Maroc, vous pensez que nous favorisons l’égalité des chances ? La réponse est non. L’ascenseur social est en panne. Le taux de cadres supérieurs dont les parents sont agriculteurs est de 3,2%. Le pourcentage des cadres supérieurs venant de famille d’ouvriers est de 6,8% », a-t-il soutenu. Ahmed Réda Chami a aussi déploré le fait que le service public marocain ne marché pas, malgré les efforts.

« Le problème, c’est qu’il y a une double taxation. Les citoyens payent à travers l’impôt le service public et le repayent directement aux écoles privées ou aux cliniques. Sur la durabilité, je vais juste prendre l’exemple de l’eau. Les experts mettent le niveau de la pénurie à 1.000 m3 par habitant et par an. Au Maroc, nous sommes à moins de 600 m3/an par habitant, et pourtant nous continuons dans nos villes à avoir des gazons arrosés avec de l’eau potable », a-t-il dénoncé.

Le président du CESE a également fait un bref focus sur la gestion des personnes du troisième âge. « Aujourd’hui, le Maroc compte plus de 3,5 millions de personnes ayant plus de 60 ans. Seulement 700.000 ont une retraite. Heureusement que la famille est encore là », a-t-il relevé. Il a également dévoilé certaines des recommandations du CESE et a notamment appelé à accélérer les efforts pour réussir les transformations nécessaires.

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