Assurances

Mohamed Hassan Bensalah : « Nous concentrons notre force de frappe sur notre périmètre d’expertise »

Le groupe Holmarcom appuie sur l’accélérateur. Avec la fusion de ses filiales Atlanta Assurance et Sanad Assurance, le groupe Bensalah nourrit, sans doute, de nouvelles ambitions dans les assurances au Maroc. Dans une interview accordée à Tel Quel, Mohamed Hassan Bensalah, PDG de Holmarcom, revient en détail sur les chantiers en cours, la stratégie et la vision de la nouvelle entité baptisée AtlantaSanad Assurance et sur bien d’autres sujets.


« A vrai dire, depuis l’acquisition de Sanad, les deux compagnies d’assurances constituant la pierre angulaire de notre pôle financier se sont bien comportées. Ce sont deux compagnies fortes, intégrées, efficientes et qui génèrent du profit avec des parts de marché oscillant entre 5 et 6% chacune, dans un marché toujours porteur », précise d’entrée le PDG. Il ajoute que l’idée de faire converger les deux compagnies du groupe vise à engendrer un ensemble plus fort, plus compétitif. « Rendons-nous à l’évidence, cela fait cinq ans que nous surperformons systématiquement le marché. Il arrive un moment où on touche aux limites de la double performance séparée. Le temps était venu de revoir la stratégie. A vrai dire, j’y réfléchis depuis quelques années déjà », renchérit-il.

Lire aussi| AMDIE : coup de boost aux investissements allemands au Maroc

Mohamed Hassan Bensalah explique que l’idée de la fusion est née bien avant l’opération de rebranding de Sanad en 2017. « Il ne s’agit pas d’une fusion au terme de laquelle il faudra s’attendre à une baisse sensible de l’effectif, bien que cela soit la norme dans ce type d’opération. En interne, et afin d’éviter ce scénario, nous avons procédé en amont à une politique de gel des recrutements dans les deux compagnies. Ce qui nous permet à présent de réaliser une fusion sans casse sociale », assure également le PDG, ajoutant que la nouvelle structure se positionne de facto à la seconde place en non-vie en termes de parts de marché. Il explique également que sur le pôle vie, les choses sont un peu plus complexes puisque, pour se développer rapidement sur ce segment, il faut disposer d’un réseau bancaire. « Nous concentrons notre force de frappe sur notre périmètre d’expertise, à savoir le volet non-vie. C’est d’ailleurs en orientant notre énergie vers ce pôle que nous sommes parvenus à notre position actuelle », soutient Mohamed Hassan Bensalah.

Lire aussi | Maroc : la gestion du covid-19 ou le dilemme de la décennie

Que pense-t-il du secteur des assurances dans les dix prochaines années ? « Le métier demeurera le même. Le principe de base qu’est la mutualisation des risques est immuable. La digitalisation et l’apparition de risques nouveaux appellent une faculté d’adaptation plus aiguisée, surtout que la capacité d’anticipation sera amoindrie », répond-t-il. « Toujours est-il qu’en termes de succession réussie, je constate hélas que dans de nombreuses sociétés familiales, l’après est le parent pauvre de la stratégie. On n’y réfléchit que très peu. C’était là la qualité de mon père. Lui pensait constamment à l’après. D’ailleurs, il a mis en place les structures qu’il fallait pour faire perdurer l’activité. Les structures comptent davantage que les hommes », précise-t-il au sujet de la succession dans les groupes familiaux marocains. Il confie également qu’il ne dort que très peu, ce qui lui permet d’être très actif.

Lire aussi|Nouveau modèle de développement au Maroc : pour la création d’un exécutif économique

« Il est vrai que je dors très peu, ce qui me permet d’être très réactif. Je réponds systématiquement à tous mes mails et à tous mes messages. Cela peut parfois être éprouvant pour mes collaborateurs, mais c’est un mindset que j’ai hérité du père. No pain, no gain. Pour lui, le succès ne pouvait passer que par le travail et la présence », laisse-t-il entendre, ajoutant qu’en maintenant le siège du groupe à Derb Omar, Holmarcom continue à être au plus proche de ses racines. « J’ai de fortes convictions en la matière et elles partent d’un principe simple : plus on éprouve un certain bien-être, plus on est productif, plus on se développe. Ce nouveau modèle doit impérativement passer par l’amélioration radicale des secteurs de l’éducation et de la santé. Sans ces deux préalables, nous ne construirons rien de durable dans le temps. Ayant sécurisé ces deux axes, tout le reste devient réalisable », confie-t-il au sujet du nouveau modèle de développement.

 
Article précédent

Coopération militaire: le Maroc et les Etats-Unis sur la même longueur d’onde

Article suivant

Al Akhawayn et UM6P font réfléchir l’Afrique sur l’éducation après Covid-19