Economie

Moins d’optimisme pour 2014

Habib El Malki, président du Centre marocain
de conjoncture.

Le CMC table sur un taux de croissance de 4,9% en 2013 et presque un point en moins l’an prochain. 


O

n est à la moitié de l’année. Le Centre Marocain de Conjoncture (CMC) dévoile ses pronostics sur la croissance, que ce soit pour cette année ou celle qui suit. Selon ses hypothèses, le taux de croissance du PIB s’établirait à 4,9% en 2013. Beaucoup de pays nous envieraient pour ce niveau qui sera particulièrement tiré par le secteur primaire. Les conditions climatiques favorables y sont pour beaucoup. Mais malheureusement, ce niveau n’est pas suffisant pour résorber le chômage, réduire les déficits budgétaire et commercial… Et même si la consommation des ménages a permis de soutenir en partie cette croissance, force est de constater que la situation ne serait pas tant identique les mois à venir et même en 2014. Il n’y a qu’à voir du côté de l’inflation. Selon le schéma prévisionnel retenu par le CMC, le risque d’un regain de tensions inflationnistes est grand. « Les prix à la consommation devraient, sous l’effet d’un redressement sensible de la demande intérieure, de l’exacerbation des tensions sur les marchés et du renchérissement des produits importés, connaître un accroissement plus soutenu comparativement à l’exercice précédent », peut-on lire dans la synthèse de l’étude présentée.

Et bien plus que cela, les économistes du Centre mettent le doigt sur le manque de marge de manœuvre suffisante dans le cadre de la gestion de la politique budgétaire. « Les difficultés du bouclage du budget 2013 devront forcément se répercuter sur l’exercice qui lui succède et réduire par là même les capacités d’intervention pour le redressement de la demande intérieure». En prenant en considération les aléas de la conjoncture nationale et internationale, le CMC table alors sur un taux de croissance du PIB en 2014 de 3,7%. « Cette perspective qui se révèle en définitive très modeste, eu égard aux objectifs visés, montre la nécessité de l’accélération des programmes de restructuration économique et de réformes structurelles à même de replacer l’économie sur une trajectoire de compétitivité et de croissance », concluent les rédacteurs de l’étude. 

 
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