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Mondial 2030 : Horizon lointain et serein. Voici pourquoi

Ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, ou qui s’arrêtent à la surface des choses vont, sûrement, pousser une bonne rigolade en lisant la phrase qui suit : « Le Maroc sera candidat à l’organisation de la Coupe du Monde de football 2030».


Maintenant que vous avez bien rigolé, du moins les plus sceptiques d’entre vous avec ceux qui pensent qu’au Maroc, on ne perd jamais l’occasion de jeter l’argent par les fenêtres, réfléchissons quelques instants et allons plus loin que les apparences.

Depuis 1986, année où le Maroc se présenta pour demander à organiser une phase finale de Coupe du Monde de football, la face de la FIFA, organisme souverain qui attribue privilèges et remontrances, a radicalement changé. Et pas qu’un peu, pour parler franchement et sans trop entrer dans les détails.

Des grands décideurs sont morts, d’autres ont été chassés, d’autres encore sont restés au prix de quelques compromissions, mais parmi ceux qui sont aux commandes aujourd’hui, personne n’aura plus l’outrecuidance de considérer la candidature marocaine comme un sujet de plaisanterie.

Depuis près de 40 ans que le Maroc ambitionne de recevoir une phase finale de Mondial, les yeux du monde se sont ouverts et les cerveaux se sont éclairés.

Qu’est-ce qu’on n’a pas entendu comme allusions et moqueries plus ou moins masquées sur nos premières candidatures. Des moqueries  déplaisantes et reprises, même ici chez nous, par des pisse-vinaigre.

On fut traité de pays juste capable de fausses promesses et de présenter des maquettes. Toujours les mêmes … ajoutaient les persifleurs.

Personne ne semblait prendre notre candidature au sérieux. Les plus gentils des détracteurs concédaient que le Royaume cherchait juste à se faire de la publicité, à bon compte, en se présentant comme un pays moderne et capable de jouer dans la cour des grands.

En réalité, qu’en est-il vraiment ?

La vérité est loin de tout cela, car pour sa première candidature, celle pour organiser la Coupe du Monde 94, le Maroc était sincère et crédible. Deuxième vérité, sans la duplicité de feu Jo Havelange alors président de la FIFA, le Maroc aurait gagné face aux USA. Cela s’est passé le 4 Juillet 1988 à Zurich, et où vingt votants ont jugé par 10 voix contre 7 que le dossier U.S était préférable à celui du Maroc. Cette défaite face au géant américain par 3 voix de différence, a été accueillie avec joie et fierté au Maroc et feu Hassan II en félicitant la délégation marocaine présente à Zurich, demanda au ministre Abdellatif Semlali, de faire rebelote pour la prochaine édition, celle de 1998.

Cela paraissait une décision des plus normales car l’appétit s’il vient en mangeant, le score face aux U.S.A rendait le Maroc crédible face à l’opinion publique internationale. On fonça alors tête baissée vers l’horizon 98 avec des espoirs pleins les yeux.

En réalité, on allait connaître les foudres de la FIFA d’Havelange qui allait nous humilier pour nous apprendre à rester à notre place.

Havelange, décédé quasi centenaire, et couvert d’opprobres et de scandales, était en fin du siècle dernier, tout puissant et décidait de tout. La Coupe du Monde aux USA c’était lui, et pour 1998, il avait déjà promis à Chirac dès 1992 qu’il aiderait la France pour l’organisation d’une Coupe du monde. Coupe du monde qu’elle obtint en 1992 à Zurich lors d’un vote du comité exécutif où le Maroc eut moins de voix qu’en 1988 face aux USA.

Mais ce n’était rien par rapport à ce qui attendait notre pays et Driss Benhima, pour la candidature de 2006 où l’on fut éliminé avec 3 voix. Et pourtant Driss Benhima avait aussi réussi une magnifique campagne de candidature sur le plan technique et professionnel.

Mais peu de gens au Maroc savaient que les critères de la FIFA n’avaient rien de logique et que le cahier des charges que le Maroc avait magistralement étudié et auquel il avait répondu, n’était qu’une fumisterie sinon une vaste plaisanterie.

Le souvenir pour les Mondiaux 2010 et 2026 est encore trop récent pour qu’on s’y attarde.

Mais de feu Semlali à Moulay Hafid Elalami, dernier porteur de candidature marocaine, et qui fut « douché » à Moscou par Trump et ses copains, sur le fauteuil du boss de la FIFA, il y a eu du nouveau.

Blatter maitre d’œuvre des attributions à l’Allemagne, (2006) et l’Afrique du Sud (2010) a été balayé par des scandales sur lesquels on ne s’attardera pas non plus.

En ce qui concerne le Maroc, ses ambitions et son désir d’être organisateur d’une phase finale, l’envie est toujours présente et intacte.

Cette permanence et cette constance lui ont valu le respect du continent et du monde entier, surtout quand furent révélés les sombres moyens utilisés par la FIFA pour attribuer le plus grand évènement sportif de la planète. 

En 1986 quand le Maroc fut candidat pour la première fois, Infantino était âgé de 16 ans. De son propre aveu, l’actuel président de la FIFA a déclaré que c’était au milieu des années 80 qu’il découvrit que le foot africain se présentait comme le football du futur. Et malicieusement, il ajouta : « Ce foot du futur, on l’attend toujours alors que je suis devenu président de la FIFA ».

A cinquante ans bien sonnés, Gianni Infantino trace son chemin dans l’univers du football. Il a bousculé bien des habitudes, en a créé d’autres, et en explorateur passionné, il est à l’affut de nouvelles idées et des projets ambitieux.

On lui en propose ici, un, et dont la réalisation, si Dieu le veut, sera révolutionnaire, quasi miraculeuse.

Que le Maroc soit candidat au Mondial 2030, c’est quasiment un acquis. Mais avec qui ? Ni avec l’Espagne, ni avec l’Algérie, mais avec d’autres pays voisins, La Mauritanie, et le Sénégal qui pourraient redessiner le football de la FIFA et son futur. Celui des grands espaces, du retour à la nature, si en vogue désormais dans le monde moderne et donc un retour aux origines, à l’origine du Monde. Où tout était plus pur et moins soumis aux lois de l’argent.

Est-ce trop demander? Est-ce un rêve impossible ? On a tout le temps d’y penser et de voir les moyens de l’envisager. Les candidatures pour 2030  seront lancées en 2021 et le Mondial attribué en 2024.

La FIFA, après sa traversée du désert, aura en 2030 l’occasion magnifique de purifier l’atmosphère viciée par la corruption et les scandales, en revenant vers des horizons où brillent la chaleur humaine et l’hospitalité désintéressée, ainsi que tout le monde a pu le voir récemment à Laâyoune lors du Championnat Africain de Futsal.

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