L'édito

Mortelle incertitude

Ce qui se passe sur la Bourse est intéressant à plus d’un titre. On sait qu’elle s’est professionnalisée, que les particuliers ne sont plus nombreux à y investir après l’époque des privatisations.


Le Covid-19 a eu des impacts terribles. Le flux d’échange est largement en baisse, -16% par rapport à l’année dernière. En l’espace de 6 mois, la capitalisation boursière a perdu près de 103 milliards de DH. La capacité bénéficiaire se contracte et tout dépendra des évolutions de la crise sanitaire. L’optimisme de l’été n’a plus cours. Les analystes prévoyaient un redressement courant 2021, mais rien n’est moins sûr, parce que la perspective d’un nouveau confinement n’est plus écartée et que les efforts fournis en mars ne sont pas réitérables. La première énergie pour le monde économique c’est la confiance, l’optimisme. L’incertitude régnante n’est pas propice à l’enhardissement des investisseurs. C’est le moins que l’on puisse dire.

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Comme à chaque discussion du Projet de Loi de Finances, les dépenses du personnel sont pointées du doigt. Elles devraient représenter près de 140 milliards de DH. Ces dépenses constituent 62% du budget de fonctionnement. Mais les chiffres bruts sont à nuancer. Cinq départements sont les plus budgétivores : l’Éducation nationale avec 34%, la Défense nationale 25%, l’Intérieur 18,81%, la Santé avec seulement 7% et la Justice qui plafonne à 3%. Ce sont des services publics essentiels au fonctionnement  normal de l’Etat, du pays. Ce débat devenu idéologique empêche celui plus concret du redéploiement des fonctionnaires en fonction des besoins de l’Administration. Le bon sens voudrait qu’on se penche sur les solutions réalistes, au lieu de verser dans la doxa libérale de « l’amaigrissement de l’administration ».

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Le débat sur le Projet de Loi de Finances n’apporte pas de grandes nouveautés. La contribution solidaire est vécue comme une injustice pour les salariés. En fait, tout se passe comme si les mêmes cibles sont considérées comme captives. Les salariés paient l’essentiel de l’impôt sur le revenu, alors que les professions libérales y contribuent très peu. C’est la différence entre le déclaratif et la retenue à la source. Les grandes entreprises sont transparentes. C’est une manière de procéder qui constitue une prime à l’évasion. On taxe toujours plus ceux qui n’ont pas les moyens de tricher, au lieu de les valoriser.

 
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