Portrait

Financier et commercial, 100% transporteur aérien

Il a débuté dans le métier par le bas, et a gravi les échelons, pour se retrouver à la tête d’un transporteur aérien de référence. Pour ce fringant manager, la carrière a été une succession de réussites qui l’ont mené à la tête d’Etihad Airways.

Rien dans sa mise ne le distingue des jeunes cadres dynamiques casablancais. Mais, tout dans son discours reflète une profonde connaissance du domaine de l’aviation, où il évolue depuis quinze ans. Il a la poignée de main ferme des leaders, porte un pantalon de costume gris sur une chemise blanche et une cravate rouge. My Hicham El Kadiri Boutchich est né en 1976, à Casablanca, deuxième fils d’un fonctionnaire de la CNSS et d’une cadre à Air France. Prémonitoire, cette occupation de sa mère l’orientera vers les métiers de l’aviation. Il a une enfance normale, qui ne se distingue pas de celle des autres de sa génération de la ville blanche où il a vu le jour. Il est scolarisé dans un établissement privé, l’Institution Tazi, où il effectuera le cycle primaire. Les loisirs sont alors rares, et le football est prépondérant. Néanmoins, pendant les vacances, My Hicham suit sa mère dans ses déplacements professionnels à Paris, où il découvre la ville des lumières de ses yeux d’enfant. Un autre voyage, dans les îles Canaries, le marquera également. Cet enfant issu de la classe moyenne ne tardera pas à rejoindre l’école publique dès le collège. “A l’époque, étudier dans le privé était signe d’échec scolaire et destiné pour ceux qui ne réussissaient pas leur scolarité. Mon frère me devançait de deux années, et jouait en quelque sorte l’éclaireur pour moi,” explique-t-il en souriant. Le jeune My Hicham est bon élève, et passe ses classes sans problème. Il poursuit ses études au lycée Ibn Tachfine, avant d’intégrer le lycée Jabir Ibn Hyane. Alors que les sciences le rebutent, et les lettres ne l’intéressent pas, il s’oriente vers les sciences économiques. Il décroche son Bac en 1993, à peine âgé de 17 ans.

Premiers pas dans l’aviation
Bien qu’il désire poursuivre ses études en France, la raison le pousse à rester au Maroc. Il poursuivra donc ses études dans l’école de commerce IGA, où il s’oriente vers les métiers de la finance. Pendant les vacances, il suit des stages à Air France, où il s’initie au métier du transport aérien en commençant par le bas de l’échelle : “à l’époque, émettre des billets demandait un savoir-faire technique appréciable. Il fallait connaître les procédures, la législation et autres réglementations. Il faut rappeler que tout était manuel et aucune technologie n’était alors disponible. Par exemple, le soir, lorsqu’on rentrait, on avait les mains tachées de l’encre du papier carbone qui était encore utilisé. On avait l’impression de travailler dans une imprimerie”, se remémore-t-il, avec de grands gestes de ses mains filiformes. Prémonitoires, encore une fois, ces stages le prépareront à connaître le domaine dans ses moindres recoins. C’est ce qui le propulsera dans le secteur des compagnies aériennes, une fois le diplôme en poche. Nous sommes en 1997, et il a vingt et un an. Il débute comme saisonnier à Air France, et l’année suivante, intègre la Société Anonyme Belge de Navigation (SABENA) où il fait ses premières armes, comme responsable financier et gestionnaire des ventes. Une année après, la compagnie fusionne avec Swiss Air. C’était la période où les compagnies aériennes sont en crise et ont du mal à faire face à la concurrence des groupes qui se constituent autour d’elles. Isolée, SABENA finit par mettre la clé sous la porte en 2001, quand les attentats du 11 septembre donnent le coup de grâce au secteur aéronautique. Mais le jeune My Hicham avait depuis, pris du galon et officiait comme Directeur Administratif et Financier de l’entreprise dont il sera le liquidateur. Mais sa carrière ne s’arrête pas pour autant, puisqu’il doit superviser la création d’une nouvelle entité, Swiss International qui voit le jour en 2002, et dont la durée de vie ne dépassera pas 2003. A nouveau, il est amené à superviser la liquidation de la nouvelle entité à peine créée. Mais sa connaissance du métier amène British Airways à lui proposer le poste de Directeur Administratif et Financier. Ce qu’il accepte et procède à la fermeture du siège de Tanger pour ouvrir celui de Casablanca.

Du low cost à la compagnie premium
Mais il retourne à ses premières amours en 2004, et rejoint Brussel Airways, l’entité qui prend la succession de SABENA. Dans l’intervalle, il avait repris ses études à l’IGA dans le marketing et le commercial cette fois ci. Ce qui donne une nouvelle impulsion à sa carrière, puisqu’il devient Directeur Commercial de Brussel Airways. Il découvre alors une nouvelle facette du secteur et passe deux années dans cette compagnie. C’est l’époque de la préparation de l’Open Sky, et le secteur est en pleine ébullition. Du jour au lendemain, nombre de compagnies aériennes voient le jour, ou disparaissent dans un intervalle très court. Dans le mouvement, il est approché par Jet4you qui le recrute. Ce sont les débuts du low-cost, et il a à gérer un réseau de 60 points de vente dans tout le Maroc.
Arrive 2008, et il est approché par Etihad Airways qui lui propose le poste de Gestionnaire financier. L’entité est alors installée dans l’hôtel Sheraton, supervisée par un Directeur Emirati. My Hicham est appelé à faire des déplacements fréquents, à s’occuper d’ une clientèle de VIP. La compagnie a en effet un positionnement haut de gamme, ce qui impose nombre de contraintes. My Hicham fait ses preuves. Il est bombardé general manager du bureau de Casablanca en 2011. Beau couronnement de carrière.


Bio express

1976 : naissance à Casablanca
1993 : bac sciences économiques au Lycée Jabir Ibn Hyane
1997 : diplôme de finance à l’IGA Saisonnier à Air France
1998 : responsable administratif et financier chez SABENA (France)
1999 : DAF chez Sabena et Swiss Air
2002 : directeur commercial chez Swiss International
2004 : directeur commercial chez Brussel Airlines
2006 : Directeur des ventes à Jet4You Master en Marketing à l’IGA
2008 : manager financier à Etihad Airways
2011 : general manager à Etihad Airways

 

L’entreprise
Etihad Airways est une compagnie aérienne Emiratie basée à Abu Dahbi. Elle dispose de 67 avions et dessert 86 destinations. L’entreprise est présente dans 56 pays dont le Maroc où elle est installée à Casablanca depuis 2006.

La face cachée
Une passion
J’aime les voitures de collection. Récemment, j’ai même restauré une Renault 4cv du tout au tout.

Les voyages?
J’ai été un peu partout dans le monde, notamment en Europe et en Inde. Ma destination fétiche reste la Suisse.

Les qualités d’un manager ?
Il est structuré, rigoureux et sait animer et motiver une équipe.

Les défauts d’un manager ?
Ne pas savoir gérer le stress et la pression.

Le cinéma ?

Je suis un fan de l’oeuvre de Francis Ford Coppola et de Jerry Buckenheimer. Mes acteurs préférés sont Robert de Niro (photo) et Sean Connery.

Un regret ?
Ne pas avoir acheté mon
logement au moment où les prix étaient abordables.

Une réussite ?
Ma carrière

Une rencontre marquante ?
Celle que j’ai eue avec un ami psychologue qui a enseigné aux Etats-Unis et qui est en ce moment au Japon. Ce n’est pas donné à tout le monde. C’est une relation très riche et philosophique que j’entretiens avec lui.

 
Article précédent

CDG Développement : Un résultat 2011 en berne

Article suivant

L’As de la microfinance