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Nabil Benabdellah sort l’artillerie lourde


Le secrétaire général du PPS, lors de l’émission Maâ Al Hadath, n’a pas usé de langue de bois vis-à-vis de ses opposants en interne. par J.B

L

e prochain congrès du PPS aura lieu le 30 mai prochain. Le comité central a adopté les documents préparatoires à l’unanimité. Pourtant, les candidats au secrétariat général sont au nombre de quatre, plusieurs voix contestent la ligne politique du parti, l’alliance avec le PJD et les congrès régionaux sont souvent émaillés d’incidents.

Sur la chaîne MFM, invité de «Maâ Al Hadath», il avait à répondre  à deux axes :

Comment se prépare le congrès ?

Le PPS s’est-il suicidé politiquement en s’alliant avec le PJD ? 

Le moins que l’on puisse dire, est qu’il n’a pas été tendre avec ses détracteurs. «Ces voix très minoritaires vivent une situation de schizophrénie». Il en veut pour preuve qu’ « il y a eu un vote à l’unanimité sur les documents que nous avons présentés et qui apportent un soutien à la ligne politique du parti. Pourquoi n’ont-ils pas présenté des documents alternatifs ? »

Il répond en deux temps à la question sur le suicide du parti. D’abord, il affirme que «le PPS n’a jamais été aussi présent et aussi populaire qu’aujourd’hui. Cela se vérifie à travers l’engouement suscité par les différentes initiatives et les manifestations organisées par le parti ».

Sur le fond, il ajoute « nous avons posé clairement la question à nos militants, que faire ? Si ces voix dont vous parlez étaient influentes, elles auraient présenté une alternative. Si on ne doit pas s’allier avec le PJD, alors avec qui ? Il fallait le dire et appeler les choses par leur nom. Adopter une telle attitude passive sans disposer du soutien nécessaire des militants, je trouve cela trop léger. La ligne du parti jouit d’une quasi-unanimité ». 

Il tire un bilan satisfaisant de la participation au gouvernement tout en affirmant «nous ne soutenons pas le PJD qui est pour nous un allié autour d’un accord centré sur des objectifs précis : l’égalité homme-femme, le respect des institutions démocratiques, les libertés publiques et la poursuite des réformes. C’est ce que réclame l’opinion publique ». 

Où en est le PPS ?

Revenant sur la situation organisationnelle il dit «sans doute, il y a encore des insuffisances au sein du parti au niveau de l’organisation et de la gestion de la chose publique. Toujours est-il que le PPS est aujourd’hui plus fort, puisque nous sommes présents dans toutes les régions ».

Pour lui, il faut accélérer le mouvement à partir du congrès qu’il faut réussir pour préparer les échéances électorales. « Ce n’est qu’après les élections qu’on pourra juger du poids réel du PPS ».

Sur sa candidature, il répond à deux arguments utilisés : celui de la nécessité du renouvellement et celui du non cumul entre un ministère et le secrétariat général.

« D’abord, je ne suis secrétaire général que depuis 4 ans et non pas 37 ans. Ceux qui brandissent cette doctrine ont des visées personnelles. Je n’ai été élu qu’en 2010». Quant au second argument, il répond : «tous les chefs de partis de la majorité sont au gouvernement. Je ne suis pas le seul dans cette situation». Il clôt l’émission en martelant que «le congrès du parti jettera toute la lumière, dira la vérité, toute la vérité ».

Cette émission est la première sortie publique de Nabil Benabdellah réservée à la préparation du congrès en ses qualités de secrétaire général et de candidat à sa propre succession. Le souhait des observateurs neutres que nous sommes, c’est que ce débat, même houleux n’affecte pas l’unité du parti.

 
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