Interview

Farid Chedid, PDG de Chedid Re : « Nous n’avons pas choisi le Maroc par hasard »

Installé au Maroc depuis deux ans, Chedid Re, leader régional dans l’industrie de la réassurance, a ouvert dans la foulée un bureau à Casablanca Finance City (CFC).  Son PDG, Farid Chedid, revient sur les ambitions de son groupe sur le marché marocain et la stratégie d’expansion de celui-ci visant à renforcer sa présence en Afrique du Nord et de l’Ouest.


Challenge : Chedid Re est un nom qui revient souvent de nos jours dans l’industrie de la réassurance surtout en Afrique et au Moyen Orient. Pourquoi ? Et comment cette société a-t-elle atteint ces niveaux ?
Farid Chedid : En effet, que Chedid Re soit mentionné dès qu’il s’agit de la réassurance en Afrique et au Moyen Orient n’est pas une coïncidence. Nous en sommes fiers parce que ce n’est que le résultat d’un travail assidu qui dure et au quotidien depuis 1998, date à laquelle nous avons fondé cette entreprise. Ce succès nous le devons à toute la famille de Chedid Re, à chacun des membres de notre équipe talentueuse et intègre.
Aujourd’hui, grâce à notre bonne réputation ainsi qu’au succès de nos affaires, il est important de noter à ce niveau, que nous sommes l’un des groupes de courtage de réassurance à la croissance la plus rapide dans la région, il est extrêmement gratifiant de voir notre travail aussi apprécié par l’industrie à laquelle nous appartenons. De même, nous avons été sélectionnés parmi les 20 premières sociétés de courtage en réassurance dans le monde, ainsi que le premier groupe arabe.

Quand avez-vous entamé votre activité au Maroc et avez-vous rencontré des difficultés ?
Nous sommes présents au Maroc depuis Mars 2015 et il est important de reconnaitre que nous nous attendions à rencontrer plusieurs difficultés, cependant ce que l’on retient de notre expérience d’expansion dans ce pays est extrêmement positif et également prometteur. Nous avons été accueillis merveilleusement, autant par le monde des affaires que par les autorités. Et c’est pour nous une occasion de remercier nos partenaires marocains ainsi que les autorités pour tous les efforts déployés, afin que notre expérience soit des plus positives, ce qui pour nous est un facteur extrêmement encourageant et déterminant pour l ‘avenir.

Pourquoi avoir choisi le Maroc comme une des pierres angulaires de votre plan d’expansion? Et pourquoi le choix spécifique de la CFC ?
Le choix du Maroc pour une expansion vers l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest est la bonne décision. Le Maroc détient une position géographique privilégiée, une position clef qui relie l’Europe à l ‘Afrique, il est plus précisément la porte européenne de l’Afrique du Nord et de l’Ouest, ce qui le rend une vraie plaque tournante pour le monde des affaires et un point de départ de choix pour une plus grande ouverture vers les différents marchés africains. II ne faut également pas ignorer l’importance de la stabilité politique dont jouit le Maroc et qui reste un élément majeur et recherché dans cette région qui, il est vrai, reste en quête permanente d’équilibres, mais qui continue parallèlement de représenter un vrai potentiel économique et financier.
Concernant la seconde partie de votre question, en l’occurrence notre choix de la CFC, et notre aménagement dans nos nouveaux bureaux situés à Casablanca Marina, je tiens à préciser que le Maroc (et le marché marocain) représente une valeur hautement stratégique pour notre entreprise, d’où l’évidence de nous établir dans le quartier devenu aujourd’hui le poumon du secteur financier au Maroc.

Que représentent le Maroc et l’Afrique du Nord pour le domaine de la réassurance aujourd’hui et que pensez-vous de la FANAF ?
Le marché de l’assurance au Maroc est l’un des plus développés non seulement en Afrique du Nord, mais sur tout le continent, et d’ailleurs « Swiss Re Sigma World Insurance Report » de 2015, classait le Maroc comme le second plus grand marché d’assurance en Afrique. Cet essor est soutenu par les efforts fournis par le secteur lui-même d’une part, ainsi que par la politique financière du mouvement marocain qui pousse le secteur à s’aligner sur les normes européennes de l’industrie, à titre d’exemple la « Réforme Réglementaire Européenne » de 2009, mieux connue sous le nom de « Solvabilité II ».
Pour notre groupe, l’Afrique est un continent stratégique et nous comptons nous y développer rapidement.
La FANAF est un évènement très important pour l’industrie de l’assurance et nous espérons voir de plus un plus de participants internationaux.

Vous avez été récemment désigné « Industry Achiever of the Year 2016 » pour le Moyen Orient et l’Afrique, quels ont été les grands succès de votre groupe en 2016 ?
Nous sommes toujours très honorés de recevoir l’appréciation de nos pairs et nos partenaires à travers les distinctions qui nous sont accordées. Ces appréciations sont importantes pour nous parce qu’elles résultent du travail de très longue haleine ainsi que le fruit de l’assiduité, du sérieux, et de l’engagement de toute une équipe merveilleusement consciencieuse et intègre. Le prix 2016 nous récompense pour la mise en œuvre de notre plan d’expansion et notre réussite à nous implanter en Europe en tant que courtier enregistré auprès de la Lloyd’s.
Ce prix s’ajoute à une longue liste riche de distinctions décernées au fil des ans à Chedid Re et à son équipe talentueuse; à l’instar du titre de « Courtier de réassurance de l’année » au Gulf Insurance Awards 2010, le prix 2011 « MENA Insurance », le prix « Insurex » en 2010, 2011 et 2013 ainsi que le prix 2015 « Middle East Insurance Industry ». Egalement, et depuis Septembre 2015, Chedid Re figure sur la liste des 20 meilleurs courtiers de réassurance au monde,  établie par le magazine GR en association avec Swiss Re.

Comment évaluez-vous les secteurs de l’assurance et de la réassurance au Maroc? Et quels sont les défis auxquels ce secteur fait face ?
Ce marché a su très bien profiter d’une expérience commune entre les compagnies locales d’assurance et les compagnies internationales qui se sont graduellement installées dans ce pays. Il est vrai que le marché de l’assurance détient la plus grande part, il est cependant clair que l’évolution et le développement du secteur financier que le Maroc est en train de connaitre, commence à profiter également et dans des mesures très intéressantes à l’industrie de la réassurance.

Quant aux défis, je pense sincèrement que le Maroc a commencé à y faire face avec beaucoup de succès depuis des années, et cette tendance commence à porter ses fruits, surtout au niveau des politiques appliquées en termes de régulation, et l’alignement progressif du Maroc aux standards internationaux et surtout Européens.

Quelle est votre relation exacte a Lloyds et en quoi cela vous aidera dans votre politique d’expansion, notamment au Maroc et sur le continent Africain ?
Notre coopération avec la Lloyd’s remonte à très longtemps, plus exactement à Avril 1999. C’est une relation longue au cours de laquelle nous opérions jusqu’à dernièrement, en tant que courtier mandataire de Lloyd’s. Cette relation fructueuse s’est couronnée l’année dernière par notre approbation par la Lloyd’s en tant que courtier agréé. Notre passage de courtier mandataire de la Lloyd’s au statut de courtier agréé confirme que notre entreprise est désormais un partenaire international de confiance et un acteur régional majeur dans l’industrie de l’assurance et la réassurance. L’expansion continue de notre groupe nous a valu une importante visibilité mondiale, ce qui a structurellement renforcé la confiance de nos partenaires dans notre travail.

Bien entendu, nous tenons à nous développer encore plus en Afrique du Nord et surtout d’utiliser notre bureau régional de Casablanca, ainsi que notre forte expérience pour nous implanter dans toute l’Afrique.
Les relations du Maroc avec ses partenaires Africains, établies par SM le Roi Mohammed VI, nous aideront certainement dans notre développement. Nous n’avons pas choisi le Maroc par hasard.

 
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